EP2
- Label : Pixies
- Format : Maxi / Vinyle
- Date de sortie : 03/01/2014
En ce début 2014, les Pixies nouvelle formule nous souhaitent la bonne année en nous offrant la suite de leur EP1, judicieusement nommé EP2. Au programme, encore 4 morceaux inédits et garantis sans Kim Deal.
Puisque, même après réécoutes massives, le précédent EP me laissait sur ma faim, je ne savais pas trop quoi attendre de celui-ci. A vrai dire, je ne l'attendais même pas vraiment, mais quand il y a un nouveau produit estampillé Pixies, on ne peut pas décemment passer à côté sans y jeter une petite oreille. Et on a immédiatement une bonne surprise puisque le premier morceau n'est pas mal du tout.
"Blue Eyed Hexe" contraste donc avec l'affreux et mou du cul "Andro Queen" qui ouvrait EP1 en étant de bonne facture et très énergique. Ce morceau à la limite du hard rock évoque les meilleurs moments de Trompe Le Monde (soit tout le disque, en fait, même si là on tire plus vers "U Mass" ou "Distance Equals Rate Times Time"). On retrouve le Frank Black gueulard et enfin, là, on y croit, comme quand on écoutait "What Goes Boom" en fermant fort les yeux.
Suit "Magdalena", là encore réussi. On se croirait revenus au plus haut de la créativité de Frank Black et c'est vraiment plaisant. On entend enfin 2 bons morceaux à la suite sur un disque des Pixies, ce qui mine de rien n'était pas arrivé depuis la reformation.
Le problème vient avec "Greens and Blues", un titre college rock pas totalement mauvais mais vraiment fade. Une espèce de sous "Indie Cindy", qui n'en aurait pas complètement les défauts, mais qui n'en aurait pas les qualités non plus. La mélodie n'est pas mémorable, la voix mise en avant mais pas à son avantage, bref c'est du Frank Black peu inspiré.
Et "Snakes", bien que plus original, ne réussit pas vraiment à relever le niveau. Il y a de bonnes trouvailles, mais le morceau en lui-même ne prend jamais tout à fait.
A l'inverse de l'EP1 qui commençait péniblement pour finir sur le seul bon morceau, on commence ici très fort pour retomber à plat sur la fin. Je voudrais éviter de faire du passéisme, mais Frank Black semble nous y inciter : ne pas être capable de tenir la longueur sur 4 titres quand on peine à trouver les temps faibles sur les 4 albums du groupe, c'est évidemment frustrant.
Mais sans comparaison avec le passé, en acceptant que les Pixies et les Pixes (sans bassiste attitrée) soient deux groupes différents, il n'y a quand même pas franchement de quoi se réjouir. Certes, cet EP2 relève sans peine le niveau de son prédécesseur qui n'avait qu'un bon morceau et demi en tout et pour tout. Ceci dit, si ce disque était l'oeuvre d'un groupe parfaitement inconnu, il n'en serait pas plus transcendant. Il s'agit d'un EP correct, sans plus.
Et de la part des Pixies, ça fait d'autant plus mal...