Wolfgang Amadeus Phoenix
- Label : Loyauté
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 25/05/2009
Wolfgang Amadeus Phoenix est un album qui porte bien son nom. Assumant enfin l'héritage versaillais et tout le classicisme qui va avec, les 4 membres de Phoenix ont osé introduire dans leur pop sucrée de nombreux éléments de musique classique, à la façon de Metallica sur S&M. Le résultat, c'est un album grandiloquent et symphonique qui... Bon ok, je ne suis pas crédible du tout. Le titre de l'album, on s'en fout comme de l'an 1781 (l'année où Mozart de fait traiter de voyou par le prince archevêque de Vienne si vous voulez tout savoir). L'important, c'est que Phoenix vient tout simplement d'offrir au monde un chef d'?uvre de pop ensoleillée, parfait de bout en bout.
Le voyage sonore du groupe semble atteindre son aboutissement sur cet album. Après deux albums hyper classieux et parfois produits à outrance suivis du revirement garage de It's Never Been Like That, Phoenix opte désormais pour un mix de ces deux styles avec l'aide de Philippe Zdar de Cassius, qui réussit à faire cohabiter les guitares nerveuses et les synthés.
Et dès les premières secondes, on se dit que le groupe ne pouvait pas choisir meilleure orientation, puisque l'album s'ouvre sur ce qui restera à mon humble avis comme le single de l'année 2009. "Lisztomania" de son petit nom a tout du classique instantané. Son rythme sautillant le rend entraînant, ses guitares qui alternent gimmicks funky et riffs mélodieux le rendent riches, la mélodie ensoleillée donne le sourire, et surtout le chant de Monsieur Thomas Mars-Coppola le rend irrésistible ! Sa voix se permet désormais l'excentricité de tutoyer ses limites et son phrasé est carrément inimitable quand il fait swinguer et valser les mots à la perfection ! On va l'entendre longtemps celle-ci !
Et le mieux, c'est que Wolfgang Amadeux Phoenix ne se limite pas à ce seul tube ! Dans le même genre "1901" est aussi un must, ses breaks récurrents et l'alternance de guitares vintage et de synthés old-school le rendent extrêmement accrocheur (Quel refrain !!). Mais il serait dommage d'uniquement retenir ces deux morceaux, indéniablement les plus pêchus. Car le reste des pistes intronise carrément Phoenix en orfèvres pop. Tout d'abord il ya ce "Love Like a Sunset" qui trône au milieu, étonnant monolithe psychédélique qui s'achève sur un final étincelant, et prouve que Phoenix peut se la jouer ambitieux s'ils le veulent. Et le reste, c'est une splendide collection de titres mid-tempo, coincé entre mélancolie et euphorie. Du tendre "Fences" au spleen ensoleillé de "Grilfriend", le groupe se permet de nous offrir quelques unes de ses plus belles mélodies comme la très riche "Rome", qui montre vraiment la qualité de l'écriture du groupe. Loin de se contenter d'accoucher de mélodies imparables et de riffs entraînants, les Phoenix triturent leur pop-songs. Breaks innombrables comme je l'ai dit plus haut, changements de rythme et structures étonnantes rendent ces morceaux passionnants : immédiatement accrocheurs et chatoyants, ils révèlent au fil des écoutes des trésors insoupçonnés d'inventivité (cela est particulièrement vrai sur "Rome"). Aucune baisse de rythme ni de niveau. Jusqu'à l'"Armistice" qui annonce la fin des hostilités, chaque titre de l'album se révèle excellent. Franchement on s'en rappellera, et c'est un véritable bonheur de voir ce groupe que j'ai toujours apprécié faire ce pas de géant. Débarrassé d'une production outrancière, Phoenix vient tout simplement d'écrire le disque de pop qu'on aimerait entendre tous les jours. Bravo les gars !