No Code
- Label : Epic
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 23/08/1996
No Code est le quatrième album de Pearl Jam. S' il est moins sombre que Vitalogy, il est toutefois plus expérimental que ce dernier. Mais comme celui-ci, il s'éloigne étonnement des deux premiers albums du groupe Ten et Vs qui restent à ce jour les deux albums références du groupe.
Il débute par une petite balade qui d'entrée de jeu, brouille toutes les pistes. Jamais Pearl Jam n'avait pris autant de liberté avec la structure même d'une chanson. Eddie Vedder retient la puissance de sa voix pour caresser cette mélodie pop qui séduit tout de suite celui qui l'entend, et le final nous offre une basse irrésistible qu'on aimerait pouvoir jouer en boucle encore et encore. Sans transition, un riff de punk implacable nous arrive en pleine tête pour un des rares moments agressifs du disque, "Hail Hail". Le troisième morceau, "Who You Are" est encore aujourd'hui un des morceaux les plus incroyables de Pearl Jam. L'arrivé de l'ancien batteur des Red Hot, Jack Irons, étant pour beaucoup dans l'orientation tribale de ce morceau et est en tout cas, très éloignée des chansons du premier album telle que "Alive", "Jeremy" ou encore "Black".
"In My Tree" est elle aussi habitée par la batterie de Jack Irons, et Pearl Jam se permet à nouveau de déstructurer complètement la structure classique d'une chanson rock pour nous offrir un must, totalement surprenant. La chanson "Smile" est en revanche beaucoup plus classique, le son des guitares et de l'harmonica renvoient aux meilleures heures du Crazy Horse de Neil Young. C'est un morceau très fédérateur qui donne envie de danser et de sauter partout. "Off He Goes", le sixième morceau, est une superbe chanson folk ou Pearl Jam se fait plus doux et plus charmeur que jamais. Le ton est triste est désabusé, le duel que se livre Stone Gossard et Mike McCready nous montre à quel point les deux compères jouent bien ensemble. Sans effets de styles, leurs guitares sont d'une justesse impressionnante et "Off He Goes" est un des chefs d'?uvre de l'album !
"Habit" est une autre décharge d'énergie qui fait écho à "Hail Hail". Pas grand-chose à en dire, ils nous ont habitués à beaucoup mieux et c'est peut-être le seul faux pas du disque (mais peut-on vraiment parler de faux pas ?). Nous sommes, en tout cas, entrés dans la partie électrique de No Code car maintenant viens "Red Mosquito" et son riff de Blues à décoiffer les minets, et surtout "Lukin", une minute de pur punk en hommage à Matt Lukin le bassiste de Mudhoney.
Nous sortons de l'électrique (façon de parler) pour rentrer carrément dans le merveilleux avec l'époustouflant "Present Tense". Beaucoup de groupe ont eu une carrière respectable et respectée sans jamais avoir composé de chanson comme "Present Tense". Elle débute doucement comme une caresse, avant de s'envoler vers des sommets plus psychédéliques, et finir par retomber sur les caresses du début. Le groupe est à son sommet, chacun excelle dans son domaine, et nous, on en redemande. Stone se lâche, ensuite sur "Mankind" qui nous montre que Pearl Jam est aussi capable de faire du power pop si besoin est ...
L'album se termine par l'envoûtante "I'm Open" et par la sublime "Around the Bend", qui nous montrent un Eddie Vedder apaisé et qui n'as plus rien à prouver à qui que ce soit.
No Code est un album tiroir. Il faut beaucoup de temps pour totalement l'assimiler, mais on sent de suite toute la force et toute la beauté qui l'habitent. Pearl Jam ne fait rien comme les autres et c'est particulièrement visible sur No Code, donc ne nous privons plus de tant de bonheur.
A noter pour finir que la pochette est elle aussi remarquable en tout point (mention spéciale pour la version vinyl), une des plus belles qui soit à n'en pas douter.
Je vous laisse le plaisir de le constater vous-même.