I Feel Cream
- Label : XL
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 04/05/2009
Bon allez, je l'avoue... J'ai beau avoir beaucoup aimé Father Fucker, je pensais vraiment que Peaches ne serait qu'un one night stand. C'était sauvage, sexuel et jouissif, mais de là à envisager une véritable relation... Ses exploits suivants me sont donc passés au-dessus de la tête, et je ne pensais pas avoir à le fréquenter de nouveau. Mais aux dernières nouvelles, il se trouve qu'on possède des amis en commun : Soulwax, Digitalism et Simiam Mobile Disco, qui se sont occupés de produire des morceaux de I Feel Cream. Et bien là voilà qui redevient beaucoup plus désirable à mes yeux !
Ce qui frappe dés les premières secondes sur "Serpentine (I Don't Give A **** Part 2)", c'est que la suite du morceau d'ouverture de Father Fucker n'a pas grand-chose à vois avec la première partie. Et c'est en fait à l'image de l'album : Peaches s'est assagi en apparence, et ses morceaux sont beaucoup plus chatoyants et pops. Oubliés l'ultra-minimalisme et la furie, madame est désormais séduisante et accrocheuse. Et de ce point de vue, je dois avouer que la production est absolument épatante, sexuellement luxuriante et ouvertement electro. L'album fait très pro et chacun des morceaux est très dense, regorge de bidouillages bien sentis. Sans surprise, c'est Simian Mobile Disco (sur "Lose You" et "Mud") qui décrochent la palme et éloignent le plus la canadienne de son registre habituel (et qui au passage me rendent encore plus impatients avant la sortie de leur second album). Mais cette prod' luxueuse n'est pas la seule surprise de I Feel Cream . Outre les qualités des mélodies, c'est la variété des morceaux qui m'étonne à chaque fois, en particulier au début de l'album. On passe de l'electro avec un coeur de "Lose You" (coup de coeur) à l'electro-rock avec des couilles de "Talk To Me", en passant par le hip-hop vindicatif de "Billionaire". Mais la majorité du disque est constitué de bombes electro-pop sexy, comme par exemple le morceau titre qui recèle un beat discoïde jouissif, ou "Mud" et son beat lourdingue qui en fait un rouleau compresseur. La seconde partie de l'album fait la part belle à cet aspect de la musique de Peaches, avec une succession de mini-tubes accrocheurs et produits admirablement. Et tout au long de ces derniers morceaux, l'organe de Peaches étonne lui aussi : plus sensuel que Miss Kittin, plus sexuel que Alisson Goldfrapp, son chant rend ces morceaux encore plus séduisants.
Bref, I Feel Cream est un carton plein pour Peaches qui crée la surprise en se réinventant à moitié : toujours aussi sexuelle, elle nous fait cependant découvrir de nouvelles facettes du plaisir, plus sensuelle et moins sauvage !