Pagoda
- Label : Ecstatic Peace
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 27/02/2007
Comme beaucoup de monde j'ai découvert Pagoda à travers le film Last Days et c'est le morceau "Death To Birth" tragique à la fin du film qui m'a donné envie d'en savoir plus sur le groupe de Michael Pitt !
Il a fallu attendre ce mois de février 2007 pour que le groupe sorte enfin un vrai album, faisant suite à leur EP introuvable. Il faut déjà souligner l'aspect artistique (toute cartonnée) de la pochette, ce qui, pour la majorité des petits labels, est le seul moyen de contrer le téléchargement et de subsister dans ce monde où la musique est devenue un bien commun accessible à tous gratuitement.
Maintenant passons à l'écoute de l'ensemble. On se situe ici, à l'intersection de nombreux styles : post-rock dominant, malgré des constructions rappelant parfois le punk et surtout le grunge. Malgré cela il faut souligner qu'on ne s'égare jamais et qu'une étonnante unité entoure les morceaux de l'album. "Lesson Learned" et son intro de violoncelle entame l'album. Un couplet calme et un refrain entraînant, dans le pur modèle grunge. Attention hormis la construction il n'y a pas grand chose à voir avec Nirvana, Tad ou Dinausaur Jr. On ira davantage chercher les influences vers le Velvet Underground ou chez Sonic Youth. En tout cas c'est une bonne chanson d'ouverture, qui donne le ton à ce qui va venir. S'ensuit la surprenante "Amego" avec son génial riff de basse et sa cassure entre le couplet punk et le refrain lancinant mi anglais mi espagnol. Une des meilleures.
Bref on a une alternance de nombreux genres sur cet album qui en tire toute sa richesse. Tantôt lourds ("Voices"), tantôt rapides ("Sadartha") tantôt bruitistes et psychédéliques ("Fear Clouds", "I Do"), voire pop ("Death To Birth) l'auditeur n'est pas ménagé. Du début à la fin on sent une montée en puissance progressive. Comme vous avez pu le constater, on retrouve la version album de "Death To Birth", forcément elle devient disponible sur disque, enfin. Rien à redire c'est un chef d'oeuvre ce morceau. Parlons maintenant de la fin de l'album, qui part carrément en live, dans la pure tradition Velvet Underground, Sonic Youth ou plus récemment Mogwai. Les deux derniers morceaux terminent d'amorcer cette poussée vers le mur du son, sobrement intitulé "I Do". D'une saisissante oppression, les hurlements de Michael Pitt perturbent, couvrant l'échange entre 2 femmes, ne semblant se rendre compte de rien. Derrière c'est une instrumentalisation particulièrement difficile d'accès avec des larsens, des martèlements de fûts, de basse, de guitares... Bref on atteint le paroxysme au bout de 8 minutes, et c'est la voix d'un enfant qui nous libère avec un simple rire suivi du mot suivant 'Pagoda'.
Un ou deux bémols à cet album. OK certaines intonations ne sont pas sans rappeler un certain Kurt Cobain, même si Michael Pitt est largement en dessous au niveau de la voix. Il est néanmoins compréhensible que ça puisse en rebuter certains. La musique est assez différente pour faire oublier ce détail. Ensuite le morceau "Fetus" est nettement plus faible que l'ensemble de l'album (il mériterait de figurer sur un disque de Pete Doherty), trop new rock, bref trop en dessous du lot. Petite erreur de parcours. On les pardonne.
En tout cas, on est ici en présence d'un bon album et d'un bon groupe, trop méconnu pour l'instant mais qui, j'en suis sûr finira par se faire une petite renommée underground. A découvrir.