Let Me Be A Woman
- Label : Ruminance
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 24/09/2002
Eugene Robinson est un colosse, une stature réellement impressionnante, le genre de type à qui on n'ira pas chercher des noises, de peur de se faire expédier d'une pichenette sur Pluton.
Derrière cette enveloppe corporelle massive, se cache un monument de gentillesse, quelqu'un de totalement bouleversant.
Eugene a de grandes similitudes avec David Yow (The Jesus Lizard) poussant son chant aux antipodes du "déjà entendu". Celui-ci expulse ses sanglots, sa rage, sa frustration, sa peur.
Tel un acteur, il joue son personnage totalement, explorant les terres obscures de la folie, du glauque, du malsain. Sorte de chaman halluciné, celui-ci semble voyager par des moyens connus de lui seul dans l'horreur et la tristesse la plus indicible.
"Sunday" et ses dissonances déstabilise d'entrée, "Gal" est tout bonnement le récit d'une torture, faisant entrer Robinson dans une transe effrayante ; il ne chante pas la torture mais la vit totalement, jusqu'à se mettre à en pleurer.
"The Virgin Bride", tout en puissance est surprenante, la mélodie étant tronquée par des breaks des plus brutaux.
"1000" repose l'oreille mais n'en reste pas pour le moins choquante, narrant le dégoût du monde et la volonté de mourir.
Les cuivres et la guitare slide de "Me And The Moon", donnent au morceau la teneur d'un blues pénétrant recouvert par les grognements du chanteur de la formation.
Les claviers envoûtants de "The Stabbing Hand" prodiguent un côté gothique, morbide, irrespirable entrecoupé de passages où la violence explose librement. Repris à la fin, apposé au disque pour cette re issue 2002, le titre se fait plus intéressant, la voix de Kathy Acker distillant ses textes sur la musique.
Un album difficile, choquant, troublant, violent, d'une richesse extrême qui se révèle peu à peu à mesure des écoutes, un disque exceptionnel. Oxbow a ouvert une porte vers l'horreur, à travers laquelle on s'est engouffré avec un plaisir malsain non feint.