Dig Out Your Soul
- Label : Big Brother
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 06/10/2008
Après une traversée du désert d'une dizaine d'années, manquant cruellement d'idées salvatrices et de cohérence artistique, Oasis réussit tout de même à rassembler ses esprits sur le très bon Don't Believe The Truth. Un son, une unité, malgré l'écriture à quatre mains, pour un album taillé d'un bloc.
Pour Dig Out Your Soul, on suit la même recette que l'album précédent. Fini les égarements ayant rendu les précédentes galettes bordéliques. Et cette fois le chef a tranché : l'album sera psyché. On n'est donc prié de composer dans ce sens. Et pour parvenir à une patine spéciale, le matériel utilisé sera old-school. De retour aux mythiques studios Abbey Road, le groupe a préféré apporter son matos plutôt que d'utiliser le tout venant numérique sans saveur. Et le résultat s'entend! La production est admirable : spacieuse, fouillée, lourde, toute en basse, gorgée d'arrangements délicieux et de bidouillis sonores servant à merveille des morceaux sortant de l'ordinaire du groupe.
Le single "The Shock Of The Lightning" avait déjà donné un aperçu significatif de la bonne santé d'Oasis : inspiré, entraînant, maitrisé et joliment arrangé. Des morceaux aussi réussis l'album en contient quelques uns. "Bag It Up" déjà, où l'on se rend compte que la diction trainante de Liam semble faite pour ce style d'ambiances poisseuses et enfumées. L'impeccable enchainement "(Get Off Your) High Horse Lady"/"Falling Down" qui installe une inquiétude pesante avant un relâchement feutré salvateur. "The Turning" où le groupe abandonne presque la guitare. La traditionnelle ballade Lennonienne de Liam "I'm Outta Time". Ou encore le morceau final, "Soldier On", également de Liam, qui clôt idéalement l'album de manière irréelle.
On retrouve ici toute une époque (grosso modo 1967-1972) durant lesquels le rock british tirait sur le narguilé et n'hésitait pas à gober tout ce qui trainait pour déployer ses facultés créatrices. Et, comme ceux qui veulent impérativement savoir où le groupe 'a pompé' ses idées n'ont sûrement aucune idée de quoi il est question ici, on citera pour eux : The Pretty Things (de l'aveu même de Noel qui aurait écouté S.F. Sorrow pendant l'enregistrement, même si l'ambiance générale faire plus penser à Parachute), The Hollies, The Creation, voire George Harrison ou encore les albums tardifs des Small faces.
Malheureusement, certaines idées saugrenues viennent gâcher des morceaux prometteurs. La rythmique agaçante de "Ain't Got Nothin'", la structure poussive de "The Nature Of Reality" ou l'auto-parodie sur "Waiting For The Rapture" par exemple. Dommage.
Le reste s'avère ce qu'a fait de mieux Oasis depuis bien longtemps. Il est fort peu probable que le groupe draine de nouveaux fans avec cet album (surtout sans aucun tube), sa réputation étant bien plus puissante que l'objectivité musicale de ses détracteurs. Les amateurs sauront eux apprécier ce retour de flamme bienvenu.