No More Shall We Part
- Label : Mute
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 03/04/2001
Avant de passer à des disques plus calmes comme celui qui suivra, Nocturama, Nick Cave nous livre ici un disque malade, sombre, triste et dépressif comme il a eu l'habitude de nous offrir ces dernières années.
L'album est mené par une superbe basse massive et un piano délicat et mélancolique, ces deux instruments sont au centre du disque, renforcés par les guitares, une batterie timide et un violon. L'atmosphère du disque est sombre, la voix caverneuse de Cave ajoutant une incroyable dimension à une tension palpable sur chacun des morceaux. Les textes sont sombres, retracent la solitude, la rupture, parlent de Dieu, des thèmes récurrents chez Nick Cave, ils sont ici transcendés dans de superbes compositions, l'arrangement des cordes de Harvey et Ellis est sublime, la production dévoile une atmosphère musicale riche, complexe et terriblement efficace, les c?urs des s?urs McGarrible ponctuent magnifiquement certains titres comme "Hallelujah". La voix de Cave se fait crooner sur "Love Letter"; bercé de violons et de pianos, le morceau est une petite balade triste et intense, le talent d'écriture de Cave frappe encore. Quelques douces notes de piano ouvrent "Fifteen Feet Of Pure White Snow", morceau très jazzy. S'ensuit "God Is In The House", où est décrit le monde moderne avec une touche d'ironie. La charge est violente sur "Oh My Lord", elle s'intensifie tout au long du morceau, secondée par une orchestration encore une fois magnifique, la batterie se déchaîne, les violons deviennent fous. "Sweetheart Come" est plus calme, pas joyeuse pour autant, "Sorrowful Wife" est du même acabit, et dégage une grande tristesse provoquée par ce piano où Cave égraine quelques notes chargées d'émotions, schéma à peut près identique sur "We Came Along This Road", finalement les dernières chansons suivent ce même schéma, des chansons terriblement tristes, terriblement calmes qu'elles en deviennent maladives, intenses et provoquent le malaise. Le risque eut été de tomber dans la lassitude, il n'en est rien, les géniaux Bad Seeds distillent leur musique, Cave habite ses textes et le tout forme une cohérence impressionnante de justesse. Le dernier titre, "Darker With The Day" clôture merveilleusement l'album avec le style syncopé particulier de Cave, couplé encore une fois au c?ur des s?urs Mc Garrigle sur les refrains, l'intensité est à son comble, l'album s'achève sur une note de piano.
L'album est un double, il figure deux autres titres sur le second CD, "Grief Came Riding" faisant penser musicalement à un Neil Young et "Bless Is Ever Loving Heart" où Nick Cave laisse traîner sa voix. Deux bons titres en guise de cadeau, il nous fallait bien ça.
No More Shall We Part est donc un excellent album, très riche tant musicalement que vocalement et dans les textes, Nick Cave nous laisse ici certainement l'un de ses meilleurs albums. Si la musique est ici d'une tristesse insurmontable notre plaisir est grand à l'écoute de ce disque brillant.