Time Fades Away
- Label : Reprise
- Format : Live / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/10/1973
Ce disque, au son un peu crade, constitue le premier volume d'une série d'albums particulièrement sombres et beaux, que je n'ai sans doute pas besoin de citer. Time Fades Away est un témoignage de cette soixantaine de concerts réalisés sans joie en 1973; accompagné des Stray Gators, Neil Young est hanté par la mort de Danny Whitten; le moral est au plus bas, l'ambience entre les musiciens est mauvaise, et le public, venu écouter un paisible "Heart Of Gold", n'apprécie guère de voir un chanteur complètement débraillé, qui se brise la voix sur des titres quasi-expérimentaux. La fin de la tournée est tellement pénible que les dates européennes sont annulées. On retiendra sur ce disque un "Yonder Stands the Sinner" à l'image même de l'état d'esprit du groupe: particulièrement noire et brutale, mais qui n'en reste pas moins magnifique. "Don't Be Denied" est la plus belle pièce, l'atmosphère y est très intimiste et l'on comprend qu'il s'agit d'un réglement de compte avec lui-même. A des chansons brutales s'enchainent de véritables ballades mélancoliques où repose un air d'harmonica et de piano: "Journey Through The Past", "Love in Mind" ou "The Bridge". Les amateurs de Young qui ont aimé Tonight's The Night apprécieront, cet album en est le grand-frère moins mature.