Carnegie Hall 70
- Label : Reprise
- Format : Live / CD Vinyle Numérique
- Date de sortie : 01/10/2021
Voici donc Carnegie Hall 1970, premier volume d'une nouvelle série d'archives, la NYA Official Bootleg Series, en clair la réédition par Neil Young de véritables enregistrements pirates.
Il a annoncé six rééditions officielles il y a quelques mois courant 2019, en vinyle et en numérique. Celui ci sort également en cd, et il est probable que les suivants ne sortent qu'en cd et numérique vu les problèmes actuels de fabrication des vinyls, et les délais conséquents. Et la suite est alléchante, le légendaire Bottom Line de 1974 connu sous le nom de Citizen Kane Jr ; des enregistrements live avec les Ducks, son groupe de l'été 1977 avec des gars de Moby Grape ; le concert de Dublin en 1995 avec un petit backing band prometteur, Pearl Jam ; etc.
Revenons à Carnegie Hall 1970.
En 1970 Neil Young tourne avec Crosby, Stills, Nash, puis avec Crazy Horse, et finit l'année avec une petite série de concerts, d'abord à Washington d'où sortira Live At Cellar Door, puis à New York, et pas n'importe où, au prestigieux Carnegie Hall.
Carnegie Hall 1970 propose pas moins de vingt-trois morceaux enregistrés en solo, ce qui est exceptionnel dans sa discographie live. Le bootleg de 1974 en proposait treize, qu'on retrouve tous sur cette nouvelle édition. Enfin pas tout à fait, car il faut aussi dire qu'il ne s'agit pas du même concert : des extraits du 5 décembre 1970 sur l'édition 1974, le concert du 4 décembre dans celle de 2021. Néanmoins, les différences musicales sont minimes. La pochette, plutôt bien, elle, est identique à celle de 1974.
La liste des morceaux laisse rêveur, cinquante ans plus tard quasiment tous sont devenus des classiques qu'on retrouve régulièrement lors de ses tournées en groupe ou solitaire.
After The Gold Rush est bien représenté, l'album sorti quelques semaines plus tôt est au c?ur de la setlist avec six morceaux, dont le 45t "Only Love Can Break Your Heart"/"Birds". Un rageur "Southern Man", c'est à chaque fois un coup de poing, même en comparaison avec la version incendiaire de 4 Way Street.
Du premier album, il n'y a que "The Loner", et du second le triptyque remarquable, "Cowgirl In The Sand", "Down By The River" qui ouvre le concert, et "Cinnamon Girl".
Le Buffalo Springfield est bien présent avec une belle poignée de titres, dont le ravissant "On The Way Home" et l'excellent "Nowadays Clancy Can't Even Sing" au piano, le premier single du groupe, composé par Neil Young mais chanté par Richie Furay. De la collaboration avec Crosby, Stills, Nash, est d'abord extrait "Helpless" impressionnant de simplicité, puis le triste et rude "Ohio".
Il y a comme toujours des morceaux encore inédits à ce moment-là. "Sugar Mountain" qui clôt joyeusement le premier set, "Wonderin'", "Bad Fog Of Loneliness", quelques autres, et "Old Man", un titre tout neuf, joué depuis moins d'une semaine, il a déjà presque sa forme définitive. Et pour une fois, "Dance, Dance, Dance" est supportable, l'agaçant côté country habituel est très nettement atténué.
Malgré plus de vingt albums live à son actif, ce n'est que la deuxième fois que Neil Young édite un concert complet, juste après Way Down In The Rust Bucket avec Crazy Horse. Carnegie Hall 1970 pourrait être un album live de plus c'est vrai. Mais non, car il y a une grande cohérence dans cet enregistrement, ce qui pouvait être reprocher à certains de ses live. Neil Young est jeune en 1970, tout juste 25 ans au moment du concert, même s'il a déjà sept albums au compteur, on sent encore beaucoup de fragilité dans son chant, de la timidité face au public, et pourtant cela semble s'affermir, il n'y a qu'à l'écouter interpeller le public, se moquer gentiment des gens quand il se met au piano pour jouer "Birds".
Ce live d'une heure et demie est une excellente porte d'entrée dans l'?uvre de Neil Young, c'est un condensé de ses premières années, et dieu sait qu'elles sont fastes !
La qualité sonore de l'album est exceptionnelle ! Je connaissais une copie de copie du bootleg original, le son était plus que correct vu l'époque et le contexte d'enregistrement, là, on a l'impression que ça été enregistré hier tellement le son est bon. Si les volumes suivants de la série bénéficient du même traitement, ça promet. Surtout concernant le Bottom Line, qui mérite vraiment d'être restauré.
Cette troisième parution de l'année 2021 n'a rien d'un album de plus sur l'étagère, c'est vraisemblablement un des grands live de Neil Young, un must. Et l'année n'est pas finie...