Naked City
- Label : Elektra
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 12/04/1990
Mais quelle est cette abominable scène de crime représentée sur la pochette de ce premier album de Naked City ? Un mec allongé par terre la tronche explosée, visiblement par le flingue abandonné à un petit mètre de sa victime, on croirait une photo tirée de "Parrain". Cette photo (elle serait authentique?) ciné thématique n'est en fait pas anodine, elle colle avec l'univers musical trash hardcore de Naked City, mais aussi avec le contenu de ce premier disque qui revisite dans sa majeure partie des musiques de film (Batman, Le Clan Des Siciliens, Reanimator, James Bond etc...) de façon totalement débridée et... marginale.
Ces reprises, mêlées à des compositions du groupe révèlent le grand talent de John Zorn et son attrait pour les musiques extrêmement "hardcore" et cela sans utiliser d'instruments électriques modernes, il faut avouer que le sax, la guitare, le clavier, la basse et la batterie peuvent mettre un sacré bordel et ne parlons même pas des interventions de l'autre timbré nippon de Yamatsuka Eye et de ces hurlements de dégénéré mental. Pourquoi est-ce si intéressant allez-vous me dire, d'écouter une bande d'allumés notoires ? Voilà le truc, il ne s'agit pas de mauvais musiciens en quête d'exploration mais bel et bien de grands artistes maîtrisant avec classe leur art, celui de l'excès des genres et de l'ouverture.
Naked City donne un grand coup de pompe dans les portes pour s'ouvrir de nouvelles perspectives et explorer de nouveaux horizons sans que cela sonne faux ou surjoué, il suffit de s'attarder sur les passages "ambiant" ou purement "jazz" de Naked City pour se familiariser avec cette musique mais elle vous renverra aussi vers des territoires plus familiers "noise, trash, death" et c'est ce mixage qui vous permettra de l'aimer voire même de la comprendre.
Voici un bon premier jet qui en annoncera d'autres et pas des moindres et qui a peut être créé le label "made in John Zorn".