Finelines
- Label : Infectious
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 05/03/2001
Propulsé plutôt violemment comme une des révélations rock britanniques de l'année, on peut dire que My Vitriol aura eu le trampoline nécessaire pour propulser son premier album dans le haut du tableau de 2001. Ceci dit, cet engouement n'est pas du qu'à un buzz médiatique excessif : le talent est bien là.
L'introduction "Alpha Waves" plonge intensément et adroitement dans l'univers de Finelines, à coups de bruitisme vrombissant et d'arpèges tournoyants. L'amorce parfaite du hit imparable "Always", véloce, énergique et entêtant. On a déjà les cartes en mains : le rock du groupe est riche, à la fois puissant et mélodique, à la fois psychédélique et immédiat. Beaucoup de noms s'entrechoquent à l'écoute des titres, mais sans que cela soit imputable à la qualité ou à la personnalité du quatuor. On pense donc quand même aux Smashing Pumpkins pour l'intelligence de composition, aux Foo Fighters pour la puissance rock, à The Cure pour la mélancolie pop, à My Bloody Valentine pour l'aspect grisant assimilable au shoegaze, à Placebo (à ses débuts bien sûr...) pour l'efficacité instantané, peut être même bien à The Gathering pour les mises en climat...
Dans les multiples vertus du disque, et hormis le songwriting à la sauce ultra-efficace, il y a la voix. Sa neutralité éthérée est plus qu'agréable et reposante. Aucun charisme particulier n'y transparaît et n'est, contrairement à beaucoup, pas du tout envahissante. Même lorsque Som Warden hurle, il ne contraint pas le titre au chant.
La qualité suivante réside certainement dans les guitares. Ce duo de guitares sait manier les effets autres que la lourde distorsion (au plus bourrin, les furieuses secondes de "C.O.R." ont un son identique à du Korn !), ceci pour peindre ses atmosphères planantes. Chorus, delays et reverbs sont les principales armes transcendant chaque morceaux du disque. Ainsi par exemple, l'interlude "Kohlstream" ne dure que 26 secondes mais impose une attention enivrante pour l'autre tube "Cemented Shoes", encore un rock alternatif grungy aérien. La guitare ?lead' est loin d'être complexe, mais s'immisce toujours à l'idéal comme une sirène rock urgente.
"The Gentle Art Of Choking", "Grounded", "Infantile", "Tongue Tied", "Windows And Walls", "Losing Touch", "Pieces" ou l'épilogue "Under The Wheels"... Les plages sinueuses s'enchaînent pour autant de cibles atteintes en plein coeur. Et Finelines passe entre les oreilles aussi sereinement qu'un album de power-rock en bonne et due forme.
Aucun doute que la formation aurait concurrencé les récents mythes UK comme Coldplay, The Libertines ou même Muse si elle avait donné autant de signes de vie discographiques. Car depuis Finelines, toujours pas de successeur à cette heure... On attend ça avec curiosité.
L'un des plus intelligents et exaltants albums du rock accessible du début du siècle.