We Were Dead Before The Ship Even Sank
- Label : Epic
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 20/03/2007
Le retour de Modest Mouse avec un nouvel album, trois ans après la sortie de Good News For People Who Love Bad News, aura finalement peu fait parler de lui en France, la faute à une sortie réservée dans un premier temps à l'Amérique du nord, mais aussi sans doute au fait que ce groupe reste honteusement méconnu ici. Ceci, malgré le renfort de Johnny Marr, le guitariste emblématique des Smiths, et l'apparition sur trois titres de James Mercer, chanteur des Shins, que beaucoup ont découvert grâce à ce 'teen movie intelligent' qu'est Garden State.
Isaack Brock, leader et auteur/compositeur du groupe a donc ici sorti l'artillerie lourde, fort du succès commercial remporté avec le single "Float On", et désireux de s'ouvrir à un public plus large, malheureusement encore convaincu en masse que les Red Hot sont le meilleur groupe du monde.
Le ton est donc donné : loin de l'esprit des premiers albums, résolument tournés vers la scène indé, WWDBTSES est encore plus accesible que ne l'était déjà le précédent opus, même si on a peine à y trouver plus de trois ou quatre morceaux susceptibles d'être digérés dès la première écoute. Et c'est tant mieux : grâce à quelques chansons, tel le premier single "Dashboard" où l'influence de Marr paraît la plus évidente, le charmant "Missed The Boat" ou le très mélodieux "Fire It Up", cet album devrait réussir à propulser un peu plus le groupe sur la scène commerciale, tout en réussissant à imposer, sur d'autres plages, un certain retour aux sources, que l'on savait plus dures, tribales et sans concession à l'époque de This Is A Long Drive For Someone With Nothing To Think About ou The Lonesome Crowded West. Ainsi en va-t-il du morceau de bravoure qu'est "Spitting Venom", qui s'étend sur 8 minutes 30 en forme de prouesse, tant il parvient à retenir en permanence l'attention. Il y a certes d'autres titres qui convaincent un peu moins, comme "Education" ou "Fly Trapped In A Jar", où la bande semble faire son job habituel, à l'attention peut-être de ceux qui les découvrent et aimeraient à ce titre un résumé accéléré de ce qu'ils faisaient (mieux) par le passé. Mais sur les quelques 63 minutes que dure cet album, on retiendra surtout un travail plus abouti, à la fois plus varié et plus cohérent que ne l'était Good News..., rarement décevant, et très souvent jouissif pour les adeptes du 'toe taping' comme pour ceux que les textes (inventifs ! drôles ! ingénieux!) importent au moins autant que les arrangements sonores.