C'mon Miracle
- Label : K
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 04/05/2004
Comment se fait-il qu'une personne si talentueuse que Mirah Yom Tov Zeitlyn (c'est son nom complet) soit restée si longtemps dans l'ombre ?
Membre du groupe The Microphones, connu pour partir dans des délires difficilement écoutables sans user de substances louches, on pouvait craindre que ce disque soit du même métal...
Et bien, pas vraiment ! Dans le registre chanteur-songwriter guitare à la main, cette charmante jeune femme a accouché d'un des albums les plus intéressants de 2004.
Chansons généralement très dépouillées mais d'une sincérité désarmante, Mirah en une sorte de Damien O au féminin livre sans pudeur ses angoisses, ses joies et autres moments de sa petite vie à l'auditeur médusé. Inutile de dire qu'on tombe amoureux au bout de 3 chansons. Ici, pas d'éxpérimentations vaseuses, de messages tordus ou de production alambiquée, Mirah s'accompagne à la guitare et un groupe pop discret assure l'arrière-plan, l'éléctronique quand elle est présente se fait discrète et toujours au service des chansons et non l'inverse (pensez à Death Cab For The Cutie pour comprendre l'approche de la petite Mirah). Le son est parfois un peu latin; certaines percussions s'affolent et viennent chatouiller la corde sensible mais bien sûr on reste dans la pop indé américaine la plus reconnaissable. "Jerusalem", une bonne chanson vient poser l'ambiance, on pense à Beulah, en un peu plus calme, un peu plus doux et sensuel...
Au-delà du charme du son très délicat de la voix de Mirah, on s'interroge souvent sur le destinataire de toutes ces ballades qui apostrophent l'auditeur directement. Un ancien amant ? Les hommes en général ? Pour preuve un des plus beaux moments de l'album atteint avec "We're Both So Sorry", complainte sur le passé d'un couple défait où chuchotements et bruits flous nous font entrer dans l'intimité de l'artiste.
"The Dogs Of Buenos Aires", probablement une des plus belles chansons de l'année est un superbe poème contemplatif qui vient marquer le point d'orgue de l'album. Indéniablement latin avec sa petite ritournelle en espagnol, le morceau renvoie Manu Chao au bac à sable. On parle ici de classe, mais bien sûr ça vous l'aviez déjà compris.
Alors le miracle prévu arrive-t-il ? Eh bien on a presque envie de dire que oui mais soyons tout à fait honnête avec nous mêmes. Si cet album pulvérise haut la main un bon nombre de production actuelle simplement par sa sincérité et son honnêteté artistique on pourrait reprocher à Mirah de s'endormir un peu et par là même de NOUS endormir un tout petit peu. J'en veux pour preuve la fin de l'album qui ne m'a pas laissé de souvenirs impérissables. Bref peut-être un poil de complaisance et on conseille à tous ceux qui auront été séduits par Mirah de voir du coté de ses précedents albums et particulièrement Advisory Committee (une véritable perle).