Synthetica
- Label : Metric Music International
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 25/06/2012
Trois ans ont passé depuis Fantaisies, un temps un peu long pour ce "Synthetica", eux qui avaient l'habitude métronomique d'un LP tous les deux ans.
J'avais découvert Metric comme un peu tout le monde je pense, par le film Clean d'Olivier Assayas, dans lequel on pouvait les voir jouer Dead Disco (tube quasi indépassable datant déjà de 2003), puis sur scène, lors du carte blanche donnée au même Assayas par le festival ArtRock à St Brieuc. Mais parlons plutôt de Synthética, le reste n'est que de l'ordre du détail ici. Même si c'est elle était vachement bien cette carte blanche.
Loin d'être désagréable, Metric déroule ce qu'ils savent faire, ce mélange qu'on pourrait qualifier d'indie new wave, ou même synthpop, tant cette étiquette est collée à n'importe quel groupe qui dégaine un synthé. Metric sait faire dans la chanson accorcheuse, bien foutu, le genre de ritournelle qui te colle, sans pour autant l'apprécier plus que ça, une précision pop à tout épreuve ("Speed The Collapse", "Clone" ), avec en même temps la sensation qu'ils peuvent les écrire au kilomètres, rajoutant ça & là les éléments qui marchent ou qui tombent à l'eau (l'absence de personnalité de "Breathing Under Water", qui pourrait presque sortir du répertoire de Coldplay, ou bien "Lost Kitten" qui flirte avec Lily Allen). Il en résulte forcément un album bancal, pas épouvant pour un sou ("Lost Kitten", "Clone") mais qui passe sans qu'on s'en rende compte, rendant malgré soi l'écoute passive, avec une impression de manque de conviction, presque comme si l'envie n'y était plus, à l'image de "The Wandelust" en duo avec Lou Reed. Si certains titres font mouche ("Synthetica", "Artificial Nocturne", "Nothing But Time"), l'album laisse quand même une impression trop classique, sans réelle prise de risque, reproduisant le même schéma, sans l'étincelle qu'ils trouvaient (par moment) sur les précédents disques.
Prévisible, mais tellement dommage...