All Is Dream
- Label : V2
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 24/08/2001
La grandiloquence est l'une des choses les plus dures à rendre en musique, il est facile de sombrer dans le mauvais goût et le pompeux.
C'est ce qu'ont dû se dire les mecs de Mercury Rev lorsque qu'ils décidèrent de produire leur disque à la manière de Jack Nitzche, initialement prévu, mais finalement absent pour cause de mort.
Et ils s'en sont plutôt bien tiré: les cordes majestueuses ouvrent "The Dark Is Rising" avant de retomber dans un piano/voix épuré très convaincant. Si le morceau était un peu plus sensuel, il aurait fait un bon générique de James Bond. Le reste est majoritairement très bon même si par moment les Mercury Rev cherchent un peu trop à nous dresser les cheveux sur la tête en créant une ambiance sophistiquée et mystérieuse comme sur les longs et pénibles "Tides Of The Moon" et "Lincoln's Eyes".
Cela n'assombrit heureusement pas de superbes réussites comme ce "Chains" énorme aux envolées de cordes et piano superbes ou les plus simples et touchants "Nite And Fog" et "Spiders And Flies" ou encore le précieux "A Drop In Time", qui sonne très Van Dyke Parks.
Le disque est très théatral et quasi-visuel par moments, on voit les petits elfes ou les sept nains... ce qui donne sur certains titres une ambiance de B.O de film, l'ennuie c'est qu'on s'approche plus d'une B.O. de Walt Disney que de Danny Elfman. L'autre principal problème, et pas des moindres, c'est qu'il n'y a malheureusement pas de grandes chansons, rien qui puisse vraiment marquer durablement.
Au final, si ce All Is Dream souffre de quelques problèmes, il n'en reste pas moins une agréable collection de chansonnettes, très réussies majoritairement, une belle et grosse production, ça brille de partout comme dans un rêve. Mercury Rev trouve là son style propre et probablement définitif.
Mais il manque un petit quelque chose, le passage du rêve à la réalité enlève sûrement un peu de charme. C'est le prix à payer.