Nude With Boots
- Label : Ipecac
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 23/06/2008
Pour ce second album en compagnie de Big Business, The Melvins laissent quelque peu de côté leurs expérimentations offertes par les deux chants et les deux batteries de (A) Senile Animal au profit d'un ensemble de morceaux Melvins 100% pur jus, sous forme de résumé de leur imposante discographie.
Nude With Boots, toujours chez Ipecac, rappelle donc de bons souvenirs : les riffs rondouillards aux effluves seventies de King Buzzo, le groove rampant de Dale Crover allié au son de basse tonitruant de Jared Warren, le tout boosté par une production moins ample que sur l'opus précédent mais d'une puissance néanmoins rare de nos jours. Avec plus de 20 ans au compteur, Buzzo et sa horde balance un aller et retour cinglant à toute la scène sludge et autre drone en plein boum actuellement. Le morceau "The Smiling Cobra" en est sûrement la meilleure preuve : intro à base d'un riff power chords archi-classique, rythme lancinant, larsens... puis les chants apportent une bonne dose de punk là au milieu et, quelques roulements plus tard, le morceau est transfiguré en une cavalcade rock'n'roll au refrain accrocheur et communicatif. La messe est dite, les cheveux blancs ont parlé, que les jeunes groupes adeptes des scènes plombées actuelles aillent potasser leurs leçons de punk et de groove... Rattrapage en septembre...
On retrouve au menu de ce Nude With Boots des années de savoir faire vieilli en fût de bière. Un album à l'ancienne qui fait ressurgir les fantômes de Houdini et autre Stoner Witch. Morceaux lents et grondants ("The Savage Hippy", "Dog Island"), piques hard-rock-caterpillar ("Nude With Boots", "The Kicking Machine") et bien sûr ces titres au groove énorme que des tonnes de groupes leur envient ("Billy Fish", "Suicide In Progress"), le tout gorgé d'une bonne dose de lubrifiant pur-punk, pour faire passer le tout. On ne s'ennuie pas une seconde sur cet album varié au possible. Mais un disque des Melvins n'aurait pas son AOC sans un bon délire aussi barré qu'inutile. Cette fois, cette bande de déviants nous pond un gros blasphème en reprenant un cantique apocalyptique de cul-bénits ("Dies Iraea") arrangé aux riffs dantesques et aux rythmes païens. Leurs détracteurs hurleront encore au n'importe quoi. C'est normal, c'est fait pour...
Les fans peuvent eux se ruer les yeux fermés sur cette nouvelle offrande. Les Melvins restent encore et toujours un groupe d'une efficacité sans faille, inusable machine à riffs et à mélodies imparables. Verra-t-on mieux cette année ? Rien n'est moins sûr...