Auf Der Maur
- Label : EMI
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 03/02/2004
Y'a des gens qui ont la chance d'être toujours un peu là, au bon endroit, au bon moment. Et c'est le cas de Melissa Auf Der Maur qui a su au cours des années 90, se frayer discrètement un chemin dans le petit milieu grungy-rock américain. Depuis le split des Smashing Pumpkins en 2000, elle a promené sa basse et surtout son joli brin de voix par-ci par là, tout en préparant tranquillement ce premier album solo. Elle a alors ouvert son petit carnet d'adresses bien rempli et a appelé un à un ses charmants amis, puisqu'on peut croiser sur cet opus James Iha, Eric Erlandson, Josh Homme, Mark Lanegan, Jeordie White, ou encore Paz Lenchantin ... bref, la Corgan family (ou presque) !
Restée fidèle à sa 4 cordes, c'est avec cet instrument ô combien sensuel entre ses mains, qu'elle nous guide au travers de ces 12 titres d'assez bonne facture, ma foi. L'ensemble navigue entre un heavy rock honorable ( "Head Unbound", "Beast Of Honor" ) et quelques morceaux lorgnant plus du côté de la pop noisy ( "I'll Be Anything" ). Sans être particulièrement originales, les compos de la belle rousse offrent tout de même ce quelque chose de personnel qu'on apprécie volontiers. Melissa a pris le temps de se trouver un style qui lui sied plutôt bien, et d'y laisser une empreinte féminine reconnaissable ( "Lightning Is My Girl", "Would If I Could"). Les seules ombres au tableau sont finalement ce "Taste You" assez niais en français dans le texte, et la traditionnelle balade au piano ( "Overpower Thee" ) à laquelle il semble qu'on ne peut définitivement pas échapper sur un album rock 'classique', et qui parait ici un peu hors-sujet. Mais on oubliera rapidement ces quelques fausses notes à l'écoute d'un "Real A Lie" énergique et séduisant, et surtout de l'impeccable "Followed The Waves" diablement bien foutu et bourré de sensualité. Comme le disent les dernières paroles susurrées par notre canadienne à la fin de cet album, elle avait un rêve et elle l'a (simplement) réalisé. On peut très bien ne pas être fan du genre ; mais il y a une chose qu'on ne lui retira pas à cette demoiselle, c'est sa sincérité.