Lou Reed
- Label : RCA
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/06/1972
Quelques mois avant la sortie de Transformer, second album de Lou Reed, sortait le premier album de Lou, intitulé simplement Lou Reed (c'est beau comme nom d'album !). Cet album, tout le monde s'en fout, pire, avant de l'écouter pour la première fois je n'avais entendu à son propos que critiques assassines et insultes que je n'oserais prononcer ici tellement mes oreilles y furent sensibles à l'époque. Ma surprise fut grande lorsque je l'écoutai enfin et que je constatai que ce n'était pas une imonde daube, certes pas un chef-d'oeuvre, mais un bon album marquant le retour de l'ancien leader du Velvet. Car de 1970 (année de sortie de Loaded) à 1972, Lewis avait quitter le monde ingrat de la musique pour tenter de retrouver les sentiers d'une vie calme et reposante avec l'aide de ses parents (en gros il a essayé d'arrêter les drogues).
L'album n'est donc pas un chef-d'oeuvre mais il sonne comme une bonne transition entre le dernier Velvet et Transformer (ça tombe bien !), moins nerveux que Loaded et moins produit que le meilleur album du glam rock. Evidemment il est composé d'une bonne partie de chansons inédites (à l'époque) du Velvet, mais n'est-ce pas le cas de tout les albums de Lou jusqu'à la fin des 70's ? Tout commence avec un "I Can't Stand It" très nerveux et très soul avec ses choeurs féminins (présent sur une partie des titres de l'album). "Going Down" toujours très soul est juste pas mal tandis que "Walk And Talk It" commence sur un riff à la Keith Richards (mais bon les Stones ont bien admis avoir été largement inluencé par le Velvet pour certains de leurs morceaux, au hasard "Sister Morphine" sur le chef-d'oeuvre Sticky Fingers). Suivent deux très bonnes versions de "Lisa Says" et "Berlin", cette dernière ne se limitant pas à une interprétation piano/voix comme sur l'album du même nom. "I Love You" n'est pas une concession de Lou à l'esprit hippie mais une bien belle balade folk, "Wild Child" est du pur Lou Reed qui mérite plus que le mépris et "Love Makes You Feel" propose un avant-gout mélodique de"The Kids" sur "Berlin". L'album se termine glorieusement avec deux versions de "Ride Into The Sun" et "Ocean", la première bénificiant d'un solo d'anthologie et à nouveau des choeurs féminins qui sauvent un début de piste moyen, la seconde étant simplement époustouflante.
Les deux albums suivants seront bien meilleurs, les quatres masterpieces du Velvet sont incomparables mais ce n'est pas une raison pour nier les qualités de ce disque qui en regorge. Pour s'en apercevoir il suffit de l'écouter.