Animal Serenade
- Label : Reprise
- Format : Live / CD
- Date de sortie : 23/03/2004
C'est l'histoire d'un mec plutôt taré, plutôt poète, un mec qui a su faire d'une vulgaire description d'un de ses propres shoots un véritable joyau de la poésie beatnik ; l'histoire d'un mec qui composait ses albums dans des états terminaux, plusieurs cures plusieurs rechutes ... et qui est toujours là, qui nous balance des saloperies à longueur d'albums avec un clin d'oeil sympathiquement vicelard.
C'est un mec qui rêvait d'être black, d'être un peu Malcom X groovant comme James Brown. C'est un mec qui est triste, mais touchant, rarement humain, inaccessible, tant au moment où il parait à portée de main, il s'envole ...
Un mec que ma mère m'a fait découvrir au gré d'un Best Of -malentendu, tant ce Best Of ("Walk On The Wild Side", "Arista") est une déchetterie à pensées de sale gosse sur des bonbons mélodiques au goût imparable-, je m'en souviens, il trônait entre le 'dernier' Dire Straits, Brothers In Arms, et le 'dernier' The Cure, The Head In The Door, et que je vénère maintenant.
Alors bien sûr, il a vieilli, il n'est plus aussi cynique qu'avant ; il ne fait plus autant de bruit, mais il reste quand même cradement sincère. Il sait toujours faire frissonner, rien de mieux qu'un live pour s'en rendre compte.
Ok je vous l'accorde, Fernando Sauers (son génie de bassiste) gâche "Tell It To Your Heart" avec sa voix fadasse, et en plus il en remet une couche sur "Reviens Chérie" ... Mais sinon ce live reste impeccable de classe et beauté ; en témoignent les" Venus In Furs", "Exctasy", "The Day John Kennedy Died", "Street Hassle", ou encore un "Heroin" magistral, et un Lou Reed qui chante un peu en s'en foutant, tellement il semble au bout du rouleau.
A 62 ans, le sale gosse bi et héroïnomane de Brooklyn est devenu un des barons, une véritable caution solidaire du Rock ; et alors qu'à sa place, beaucoup aurait pris leur retraite depuis longtemps, il nous démontre encore une fois tout son brio ...
...Sale gosse... !