Liars
- Label : Mute
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 20/08/2007
L'entrée en matière de cet album se nomme "Plaster Casts Of Everything", c'est un rock lourd et crade avec des riffs appropriés, des voix doublées ou triplées et des bidouillages électroniques. En dépit de l'énergie employée ici, on attendait mieux même si un tel titre présente l'avantage de pouvoir éliminer d'éventuelles scories pouvant encombrer l'accès de nos oreilles. L'enchaînement avec "Houseclouds" laisse sceptique sur la suite des événements : du Beck période "Odelay" en un peu mieux tout de même, sûrement grâce au travail des voix.
Bref, on comprend très vite que Liars a placé la barre bien haute avec ces deux disques précédents car foncièrement ces deux premiers morceaux sont plutôt bons et satisferaient nombre de rockers en herbe. Alors ?
Alors, la suite nous rappelle une chose essentielle : nous sommes à l'écoute du nouveau Liars ! Et "Leather Prowler" nous le prouve ; concassage du rythme et début de transe, soit un rappel des faits tel qu'établis sur "Drums Not Dead". Mais point de concept album en vue cette fois, c'est même le contraire, ça part dans tous les sens ! Si, à l'instar de "Leather Prowler" certains titres évoquent sans retenue les travaux du précédent album, d'autres envoient vers des contrées jamais vues chez Liars. On peut apercevoir le fantôme de Gorillaz refusant obstinément d'entrer sur le dance-floor ou une bande d'indiens mi-furieux mi-rigolards qui vient de découvrir les guitares électriques et exécute une danse de la pluie acide sur un rythme binaire. On découvre aussi des choses plus pop, bien que maltraitées et traînées dans la boue par ces trois branleurs arty on peut encore parler de pop, donc de musique accessible au plus grand nombre. Bon, que l'on se rassure, Angus, Aaron et Julian ne sont pas encore prêts à passer sur Europe 2.
En quatre albums, ces olibrius ont su se renouveler, changer de cap, prendre le contre-pied, sans jamais se renier. Un bel exploit que l'on espère voir perdurer !