Because Of The Times
- Label : RCA
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 03/04/2007
Les frères Followill avaient clairement annoncé, sur le site officiel du groupe, que Because Of The Times ne serait pas une réplique de AhA Shake Heartbreak. Tombé sous le charme des Kings Of Leon dès le premier album, il est vrai que j'accrochais particulièrement sur ce son très 'seventies', ces riffs de cow-boys électriques entraînant, et ces refrains entêtant comme sur "King Of The Rodeo", "Pistol of Fire", "Taper Jean Girl" ou des blues obsédant comme "Dusty". S'il on s'attendait un son typique du groupe, le rendez-vous est assurément annulé : un bien ou un mal ?
Je dois dire qu'il m'a fallu plusieurs écoutes avant de commencer à apprécier le travail des frangins sur ce troisième album. Les 7 minutes de "Knocked Up" m'ont laissé vraiment dubitatif, comme assommé. Un riff de guitare lointain, une structure plutôt vide, on tombe dans le dépressif dès le début de l'album. On trouve une trame similaire, mais plus enjouée, sur "True Love Way".
Après ce premier coup dans le foie, "Charmer" m'a littéralement effrayé. La basse rebondissante à la Pixies, les cris hystériques de Caleb genre Frank Black en plus timide, accompagnés d'une rythmique de guitare plutôt ténébreuse, prouvent qu'on est loin de l'image des rockeurs du Tennessee. Pas convaincu...
L'introduction de "On Call", très ambiant, annonce encore une autre couleur. Le refrain est lancinant, mais accrocheur. La musique est nettement travaillée, et de qualité. "Mc Fearless" est à l'image de ces groupes anglais qui pousse pas mal la distorsion des guitares, genre 'The Rakes' ou 'The Strokes'. Il est clair que l'on nage dans plusieurs styles à mesure de l'écoute.
"Ragoo" est la piste qui sort, à mes yeux, du lot des 13 pistes. Elle se rapproche nettement de la tonalité des premiers albums et offre un son clair, ensoleillé sur une rythmique sincèrement accrocheuse. Un bon rock sans prétention.
"Fans" est acoustique, et découle de façon plutôt sympathique sur quelques riffs électriques bien placés. Elle résonne de nostalgie et de positivité. Par contre, j'ai vraiment laissé de côté des pistes comme "The Runner" ou "Trunk", peu communicatives et très aériennes.
"Camaro" que l'on pouvait trouvé sur le monster-CD de 'Rock & Folk' est presque une piste instrumentale assez intéressante, très nerveuse avec une ligne de basse discrète et des passages assez furieux qui prouvent que le groupe a atteint une certaine maturité.
"Arizona" clos l'album de façon crépusculaire, avec une sonorité qui rappelle un peu le Zuma de Neil Young. D'une façon générale, je trouve intéressante la façon dont le groupe évolue, et tente de se chercher dans d'autres facettes musicales. Malgré tout, je suis resté nostalgique du son, plus brut et intense, de AhA Shake Heartbreak. Le groupe est encore monté d'un niveau, mais pas dans mon sens.