West Ryder Pauper Lunatic Asylum
- Label : Red Ink
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 08/06/2009
Depuis 2003, Kasabian essaie de nous illuminer de son rock mêlant electro et pop avec une attitude proche de nos bien mal aimés Oasis. Le premier album avait fait mouche avec des titres comme "LSF" ou "Club Foot" qui, sur scène, prennent tout leur sens tant ce sont des hymnes à pogos et à flirtage avec la petite timide d'à côté. Sûrement inscrite sur XSilence, à savoir grande gueule sur le site et petite frappe dans la réalité... Puis vint Empire, deuxième album très réussi dans son ensemble (eh oui, faire la musique d'une pub pour le plus grand constructeur français est synonyme de réussite dans notre pays et pour moi pauvre capitaliste vendu) avec des ambiances débonnaires, bien plus intéressantes que leurs idoles tropicales et quelques trouvailles dans le son qui laissaient présager du meilleur.
Et voilà que débarque West Ryder Pauper Lunatic Asylum, titre aussi long que ce qu'il y a à dire sur cet album tant il est riche et générateur de sensations comme les lads ne nous avaient pas habitués jusqu'alors. Tout commence par "Underdog". Du pur Kasabian tubesque repris illico par Sony dans sa pub Bravia avec un joueur de foot hype en égérie tellement c'est facile, tellement c'est entraînant, tellement ma femme elle est belle et elle écoute Kasabian alors que c'est pas connu du grand public. Mais bon, ça on s'y attendait et en tant qu'inscrit sur XSilence et copain de sang d'Arno Vice, j'en attendais tellement plus! Eh bien ils ont pensé à moi...
Dès le deuxième titre, la différence se fait sentir et on rentre véritablement dans le son de ce troisième opus qui ne nous lâchera plus jusqu'à la fin. Un trip underground entre folies atmosphériques du plus bel effet et rock classique mais efficace à se faire prendre la tête à n'importe quel programmateur de radio hanté par ses objectifs d'écoute. Car on est là à une frontière entre indie et mainstream voulue. Le très pink floydien "Swarfiga" se mue en un "Fast Fuse" rock classico hype très convainquant et qui fera malheur lors des concerts. C'est entraînant, c'est classe, ça ferait tomber toute la poussière de la garçonnière d'un Vice en mal de reconnaissance.
"Take Aim" atteint totalement son but en nous entraînant dans un morceau à l'énergie salvatrice dotée de boucles electro simples mais communicatives. Que demander de plus ? De l'ambiance et de la diversité. Cet album en regorge. Chaque morceau est différent et pourtant rentre dans le cadre de la pochette. Un peu d'excentricité, un peu de folie mais on reste dans la copie de coldplay pour les costumes histoire de ne pas froisser l'auditeur trop aventureux. "Thick As Thieves" et "West Rider Silver Bulet" (la meilleure selon moi) sont dans cette veine. Attention, on est jamais dans le jamais entendu. Mais la maîtrise de la composition et l'interprétation font tout. On se sent bien, considéré.
"Vlad The Impaler" est dans la veine d'"Underdog", du Kasabian pur jus avec la voix de notre bon Tom (tiens ca me rappelle un nom connu sans le H d'héroïne) qui guide le morceau avec ses "get loose" évocateurs. Morceau qui comprend la meilleur lyric de l'album "we are the last beatniks, the lost herectics".
Sur "Ladies And Gentlemen", le chanteur est bourré comme un Gaylord et les musiciens aussi. Mais même là, on se prend au jeu, on sent que c'est pas calculé comme du Lady Gaga ou du Animal Collective et on se laisse aller. C'est bon et ça débouche sur mon deuxième morceau phare, "Secret Alphabets" qui écouté lors d'une fin de journée business harassante prend tout son sens. "Fire" est le premier single et l'un des titres les moins faciles étant donné son acoquinement avec les Doors. Courageux. Quant au final inattendu sur fond de gospel qu'est "Happiness", il contribue une fois de plus à l'aura de cet album décidément bien particulière et attachante. On n'est pas dans le technique, on est bien dans l'ambiance et l'attitude. Et peu de groupes peuvent se targuer de l'avoir fait aussi bien que Kasabian sur ce troisième album d'une complexité mélodique et humaine bien plus profonde que ne le laisserait penser une première écoute. Joli !