The Milk Eyed Mender
- Label : Drag City
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 23/03/2004
Joanna Newsom ne rencontre pas le succès qu'elle mérite. Pourtant, les quelques chroniques que j'ai lu en disent beaucoup de bien. Elle a déjà son petit lot de fans, dont je fais partie... mais bon, elle mérite de faire la couverture de toutes les revues spécialisées.
Il suffit d'écouté le titre "Peach, Plum, Pear" et ses choeurs qui sonnent comme des choeurs d'enfants dans une cour de récréation pour avoir immédiatement le poil qui se dresse... et c'est un signe que la musique touche au plus profond, au plus sensible. Pourtant, il s'agit d'une sorte de comptine au clavecin au thème enjoué. Une comptine plutôt sautillante, avec un refrain en na-nana-nana-na entêtant. Mais a l'arrivée des choeurs enfantins, ca ne loupe pas: je suis à chaque fois pris de frissons soudains. Emu par des souvenirs d'enfance ? Par cette voix ?
Comment décrire sa musique sans être réducteur ? C'est une forme de chanson, plutôt folk, plutôt aventurière, avec une voix qui fait des hauts et des bas. Une voix particulière, acide, gamine parfois, en opposition avec des paroles plutôt matures. Un accent de la campagne qui peut la rapprocher de la country, mais Joanna reste résolument personnelle. On la compare souvent a Björk, mais ce serait une Björk mise a nu. Madame Newsom est unique en son genre.
Joanna Newsom s'accompagne essentiellement a la harpe, instrument qui revient en cette année 2004 (cf. le duo Cocorosie). Cette harpe classique, instrument d'orchestre, lui permet de jouer des arpèges simples ou des basses profondes. C'est l'instrument du dénuement, de l'économie de moyens. L'efficacité suivant le principe que "moins c'est plus". Un instrument rarement entendu, et parfaitement maitrise.
The Milk Eyed Mender... Ce disque tourne en boucle depuis cet été: je l'ai déjà écouté une centaine de fois. Une centaine de fois a être surpris de l'efficace beauté de ses étrange chansons. Une centaine de fois: c'est tout le mal que je vous souhaite.