Heartache EP
- Label : Dry Run
- Format : Maxi / CD
- Date de sortie : 30/08/2004
Premier EP de Justin Broadrick après Godflesh... et premier forfait de ce qui est en train de devenir avec Pelican la référence du drone metal.
C'est long (plus de 40 minutes), tortueux, sinueux, hypnotique; un vrai crève-coeur qui porte bien son nom.
Ambiance crépusculaire, ce disque s'ouvre sur "Heartache": des giclées de basse improbables, se fait difficilement un chemin dans l'air qui nous entoure. Guitares et batterie viennent en renfort... Il s'agit dès lors d'une libération cathartique sentiments difficilement avouables.
Ambiances résolument indus, noires, sales, lourdissimes, et surtout très lentes...
Puis, après cinq minutes d'ultraviolence difficilement contenue, le carcan se déssèrre. Le son vous brise toujours le plexus, mais presque par magie, un coin de ciel réapparait. Pas bleu bien entendu, c'est de l'air frais. Là, derrière les nuages, un miroir, vous vous voyez dedans. Moment insoutenable, vous découvrez ce que la vie a bien voulu faire de vous. Un être minable, médiocre, sans saveur.
Troisième tableau, assez "léger" (les amplis hurlent toujours autant mais bon): Justin Broadrick vous prend par la main, vous rassure, essaie de vous vous convaincre mais en vain. Vous n'y croyez plus, lui non plus d'ailleurs, et les 5 dernières minutes de ce titre
vous emmenène loin, très loin...
Première baffe. Vient "Ruined". maintenant.
Même type de construction, très lourd très noir, ensuite très lourd mais plus ouvert, pour finir sur cinq minutes atmosphériques, beaucoup moins lourdes mais toujours entâchées d'un sentiment dégueulasse, de cet "inconvénient d'être né" (E.M. Cioran)
Comme pour l'album, ce qui marque aussi, ce sont les arrangements, éthérés, très shoegazing... Broadrick est anglais, on ne se refait pas !!!
Un disque d'île déserte, de moment de grande solitude, de discussion tardive la nuit, d'écriture, de blabla pré (ou post)-coïtal, de drague (pas encore essayé)... un très grand disque tout simplement !