Strays
- Label : Capitol
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 22/07/2003
Le retour d'un feu follet de la fin des années 80 ! Une décennie après avoir jeté l'éponge, Farrell, Navarro et Perkins mettent de côté leurs projets respectifs pour relancer cette formidable machine proto-néo-métal-psychédélique que fut Jane's Addiction. Prise de risque minimale, étant donné l'aura qui les entoure et le choix du producteur: le vétéran Bob Ezrin, roi du gonflage aux hormones de dinosaures seventies (Pink Floyd, Lou Reed, Alice Cooper et autres Peter Gabriel).
Qu'attendre alors d'un tel disque ? Un gros son, c'est le moins qu'on puisse dire. La voix n'a pas changé, la 6 cordes est toujours aussi grandiloquente, et la batterie toujours puissante et groovy. Alors simple resucée recalibrée MTV ? Ce n'est pas aussi simple. Il se dégage toujours de la magie de ces ambiances dionysiaques, mais également une sacrée maturité. Cet album renvoie dans les cordes 95% de la production néo-métal qui a fleuri sur la tombe du groupe. Cet album est digne du groupe de stades qu'est devenu Jane's Addiction: monstrueux (la sobriété est absente dans tous les sens du terme), efficace ("Strays", quel riff ! quel tube !), et réaliste en même temps: pour avoir traîné leurs guêtres pendant 20 ans dans le grouillement de la scène punk-rock californienne, et avoir créé (et relancé) un incroyable festival (Loolapalloza), ces types-là maîtrisent leur art. Les morceaux ne dérivent peut-être plus sur 7 ou 8 minutes, mais ils continuent d'osciller entre transes planantes et explosions orgasmiques.
Sans doute se sont-ils passablement éloignés de l'indépendant; en même temps, leurs deux premiers joyaux ont été lancés depuis une major et témoignent pourtant d'une certaine audace créative. Il n'empêche que Jane's Addiction a sorti là un sacré disque de rock'n'roll, très loin de la facilité dans laquelle sont tombées pas mal de légendes resurgies du passé.