Our Love To Admire
- Label : Capitol
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 09/07/2007
Après une longue et quasi fiévreuse attente, me voilà enfin détentrice du successeur d'Antics, avec lequel j'étais restée sur ma faim. Malgré quelques bons titres, l'ensemble me paraissait un peu trop lisse et lumineux, je n'y retrouvais pas la noirceur romantique de Turn On The Bright Lights, album que j'écoute encore plusieurs fois par semaine près de cinq ans après en avoir fait l'acquisition, c'est dire si je suis attachée à Interpol.
Ce n'est pas sans appréhension que j'ai posé Our Love To Admire sur la platine, ce nouvel opus étant décrié par certains avant même sa sortie. J'en avais entendu trois extraits lors du concert du quatuor au Cabaret Sauvage, dont le somptueux "Pioneer To The Falls", avec lequel s'ouvre l'album et sous le charme duquel on tombe instantanément. Le morceau est à la fois évident et ambitieux et l' on y saisit la magie des dandys new yorkais, cette quintessence de mélancolie, de frustration et de lascivité, omniprésente sur la galette.
Avec cette oeuvre, le groupe renoue avec une ambiance plus ténébreuse et comme sur le premier album, on se retrouve face à un ensemble très cohérent. Les textes de Our Love To Admire demeurent fort poétiques et stigmatisent bien les deux thèmes récurrents chers à Paul Banks : ""fear" and "sex".
La première écoute intégrale peut paraître hermétique mais l'opus se patine à merveille progressivement, pour qui veut bien s'y attarder. Voilà un album qui demande plus d'investissement mais ce qu'on en retire est précieux.
Comment rester de marbre devant la tension glaciale de "Scale", le courroux de "Mammoth", la désinvolture provocante de "Rest My Chemistry" ou la tristesse infinie de "Wrecking Ball"?, le tout magnifié par la voix troublante de Paul Banks, qui prend plaisir à moduler son organe vocal plus qu'à l'accoutumée. Au final, "Who Do You Think" est la seule qui ne me procure aucune sensation, il lui manque une âme.
Our Love To Admire s'érige comme métaphore d'une relation, avec ce que cette dernière comporte de hauts et de bas. Le morceau de clôture, "Lighthouse", d'une beauté abyssale, marque la fin du couple ainsi que d'une époque par son caractère novateur. Les derniers instants, impitoyables, apparaissent comme un souffle ultime avant une exécution. L'album s'achève donc sur une note surprenante, ce qui laisse présager un avenir différent pour nos quatre new yorkais.
Ce troisième opus riche et subtil est à la hauteur de mes espérances, il possède bien cette grâce interpolienne sombre et unique. Good job, guys, 'you fly straight into my heart...'