Celebrity Skin
- Label : Geffen
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 08/09/1998
En 1998, la Miss Love scande à qui veut entendre que le cynisme est mort. Tourner la page du lourd héritage posthume laissé par son défunt mari, devient finalement le prétexte de ce nouvel album. Changer la face du rock, rien que ça !
La poupée de chiffon tendance Mimi Cracra ('la dope elle aimeu ça !') s'est grimmée en poupée Barbie, style 'Quinzaine à Cannes', pour mieux reconquérir un public MTV, et l'illusion est parfaite.
Un gros tube éponyme en boucle sur la chaine, tissé d'un gros riff musclé pondu par les chibres du projet (Erlandson le guitariste est à pas mal de compos, et Corgan en chef d'orchestre tout le long de l'album). On devine déjà le virage à 180 degrès décidé par Love : rien d'agréssif, rien de sale, rien de choquant. Pas le moindre mucus ni vomi nauséabond donc, de simples pop-songs à guitares en totale antithèse de Pretty On The Inside.
Lisse comme tout : "Awful", meilleur titre de l'album selon la leadeuse elle-même (et au potentiel radiophonique similaire à "Malibu"), n'est qu'une chansonnette féministe, certes. Le fait est que c'est efficace malgré le regret de ne pas obtenir la dose de rage qu'on attendait de la folle-furieuse.
Passée la douche froide, c'est 'mignon' à écouter. Le reste du disque est de la même trempe, sur deux plans différents. Les gros riffs aux messages clairement autobiographiques : "Reasons To Be Beautiful" ou surtout "Use Once & Destroy" (premiers mots du "Radio Friendly..." de Nirvana), et "Playing Your Song" sur les moutons copieurs du groupe de son amoureux tombé au front.
Elle dicte les règles en quelque sorte. Elle n'en oublie pas l'homage pour autant. Comme sur ce "Northern Star" dédié à Kurt, à classer dans la seconde couleur de l'album (moins éléctrique), tout comme "Boys On The Radio", soit-disant sur Jeff Buckley.
D'autres titres semblent plus intimes, bien qu'on hume l'exercice de style : ces "Dying" et "Petals" en restent pourtant les plus comestibles de la galette. "Heaven Tonight" (chanson pour sa fille aux paroles ridicules) est au contraire indigeste ; et "Hit So Hard" est l'ersatz d'une cover interprétée lors du MTV Unplugged ("He Hits Me", je crois).
Il ne faut donc pas prendre ces douze titres comme issus de la formation Hole, mais plus de l'humeur de la charismatique riot grrrrrl.
Et bien malheureusement, aux vues de la situation actuelle du groupe, l'album qui devait sauver la face du rock ressemble plus à un sabordage qu'à une (r)évolution.