Grinderman
- Label : Mute
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 05/03/2007
"I had to get up to get down to start all over again" c'est la première phrase que lance Nick Cave, avant même que ne commence le premier morceau de cet album. Il annonce la couleur, tel un messie du rock, il est mort et réssucité pour nous sauver de ces "white mice and baboons" qu'il se propose de faire dégager. La comparaison est un peu audacieuse mais ça va bien avec le personnage de Nick Cave.
Grinderman est donc un petit quatuor dans lequel maitre Nick s'occupe du chant, des textes et de la guitare ce qui est nouveau car il se cantonnait jusque-là au piano. A ses cotés on retrouve trois membres des fidèles Bad Seeds dont le génial Warren Ellis qui non seulement joue du violon, de la guitare, de la viole ou du bouzouki sur l'album, mais en plus a bricolé un tas de boucles bruyantes et grinçantes qui hantent chaque morceau de cet album.
Au chapitre des influences, on entend bien sur la touche Nick Cave et des morceaux comme "Set Me Free" "Man In The Moon" ou "Love Bomb" auraient très bien pu se retrouver sur un album avec les Bad Seeds. Sur "No Pussy Blues", "Get It On" ou "Depht Charge Ethel" on entend raisonner Birthday Party et les inquiétants débuts de Nick. Avec ses violons grimaçants qui se mèlent pour former des boucles hypnotyques Warren Ellis crée des ambiances qui rappellent les grands moments du Velvet avec John Cale. "Electric Alice" par exemple est un des grands morceaux de l'album et n'est bati que sur quelques notes de basse et un ensemble magique de bruits tirés d'instruments divers et parfois difficilement reconnaissables. "When My Loves Comes Down" reprend un peu ce principe avec en plus une ambiance inquiétante très réussie.
Il y a aussi le déjà mythique "No Pussy Blues" et ses explosions de wah-wah stridentes où l'on jurerait entendre les Stooges récussités. Ou "Grinderman", le morceau titre qui renvoie dans la cour de récré tous les groupes noisy foireux en démontrant en quelques minutes ce que c'est que du bruit et de la dissonance.
En ce qui concerne les textes, on peut penser que Nick s'est fait larguer par sa copine, s'est laissé pousser la moustache et a convoqué ses vieux potes pour concocter cet album qui sent le vieux célibataire qui supplie les femmes, les harcèle, les menace, tente de les charmer tour à tour. Le thème de l'album c'est bien le no pussy blues décliné sur tous les modes...
Je préfèrerais avoir à dire ça à propos du premier album d'un jeune groupe prometteur, mais bon, je dois reconnaitre que ce énième album du vieux Nick et de sa bande de barbus est ce que j'ai entendu de meilleur et de plus jouissivement rock depuis le début de l'année 2007 !!