Love Travels At Illegal Speeds
- Label : Parlophone
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 10/03/2006
Bien plus qu'un simple passe-temps, c'est une véritable carrière solo qui s'ouvre pour notre ami Graham Coxon, ancien génie de Blur. Bien sûr, le monsieur n'en est pas à son coup d'essai, mais jusque là, ses talents de guitariste compositeur ne s'exprimaient que peu en dehors des efforts studio de son ancien groupe. C'est avec Happiness In Magazines, sorti peu après son départ du groupe, que les regards se tournèrent vers lui, le plus souvent pour parler encore et toujours de Blur plutôt que pour juger cet album, relativement décevant.
Alors, qu'en est-il de ce Love Travels At Illegal Speeds, voulu comme un album tournant plus ou moins autour d'un seul et unique concept : l'Amour ?
Le bonhomme frappe fort d'entrée de jeu avec "Standing On My Own Again". Un morceau rock à souhait, au chant revanchard et au riff pour le moins efficace. Il n'y a pas à dire, Coxon sait trousser ses titres, allant directement à l'essentiel. On ne s'étonnera pas dès lors que les meilleurs titres de cet opus soient les plus courts. "Gimme Some Love" lorgne dangereusement vers le métal, bien que son énergie fasse plaisir à entendre, de même que "Don't Let Your Man Know", désarmant de simplicité ! "I Don't Wanna Go Out" plagie de façon à peine maquillée le riff du "Blue Orchid" des White Stripes, pour un résultat pour le moins contestable, mais non dénué d'efficacité. "What's He Got ?"... Mon Dieu, ce type a trop écouté The Kinks ! Et le petit jeu des comparaisons pourrait durer sur les treize titres, passant du meilleur (Kinks et White Stripes donc, mais aussi Beatles, Stones) au pire (The Darkness, Green Day).
Sans nul doute, Love Travels At Illegal Speeds ne bénéficiera pas d'une écoute répétée sur la platine. Trop banal. Mais pour égayer une soirée, c'est parfait, le disque ne souffrant d'aucun temps mort. On constatera d'ailleurs la cohérence du propos (rappelons le concept de l'Amour), avec le premier titre s'intitulant "Standing On My Own Again", et le dernier "See A Better Day", magnifique ballade, en passant par "You & I" et "Tell It Like It Is" (l'un des meilleurs titres).
Une histoire d'amour quelque peu ratée, de même que la carrière solo de Graham Coxon, qui, si l'on ne doute pas qu'elle puisse atteindre celle de son ancien groupe, tarde quelque peu à décoller.