Everything You Ever Wanted To Know About Silence
- Label : Roadrunner
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 09/05/2000
Glassjaw est un savant mélange de rock très aggressif et de mélodies aériennes.
La déferlante de grosses guitares, tout de même minutieusement écrites, cachent en effet des compositions sensibles (sublime "Her Middle Name Was Boom"), très garnies (le single "Siberian Kiss" jouant sur tous les tableaux) même si parfois difficiles d'accés : la plupart des plages paraissent bordéliques au premier abord par multitudes de sons furtifs, de plans mouvants et de sautes d'humeur vocales interchangeables. Sensation renforcée par de petites pincées de lignes atonales ... Ca fourmille tellement qu'il est impossible d'assimiler le disque en peu d'écoutes.
Un rock hybride, rayonnant dans "Ry Ry's Song", franchement hardcore avec le véloce "Babe" et un "Hurting Shoving" éparpillé, ou rappellant par tranches l'intimité de Far, comme sur "Piano" et la ghost track.
La rythmique de Sammy Siegler, au C.V. plutôt fourni (Gorilla Biscuits, Shelter, Rival Shcools ...), donne du fil à retordre aux détracteurs, les confondant dans un neo-metal simpliste. Au contraire, à se lancer dans des comparaisons, les 12 titres s'aparentent à un Deftones survitaminé (ou sans valium) ou à un At The Drive-In plus brutal que noisy. D'autre part, on y découvre le travail de Ross Robinson beaucoup plus fin qu'auparavant, loin de ses productions graisseuses pour Korn ou Slipknot, plus dans la lignée du Relationship Of Command de ATDI sorti plus tard la même année.
Quant au chant de Daryl Palumbo, il guide littéralement le préposé à l'écoute dans les moindres recoins du disque, évoquant la plupart du temps ses péripéties amoureuses. D'intimes frustrations justifiant ses débordements vocaux tout bonnement hallucinants (des quelques secondes du tubesque "Pretty Lush" où il parait s'apitoyer pendant une prise de son, à la poussée finale de l'énorme "Motel Of The White Locust") et rapellant dans les acalmies les bredouillements orgasmiques de Chino Moreno (on a le temps de s'en rendre compte sur les 5:30mins de la longue plage éponyme).
Beaucoup seront saoulé par un micro aussi démonstratif mais, comme pour l'ensemble de cette oeuvre suintante, la performance est bien là !