Mirror Mirror
- Label : Dragoon
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 30/03/2009
Enfin ! Près de 5 ans après un Blow enthousiasmant, et après un jeu d'annonce et de désannonce auquel s'est livré le groupe, le petit dernier, Mirror Mirror, ex 'This War Is Going silent' et presque 'Arlésienne' est sorti, électroniquement d'abord puis physiquement une semaine plus tard.
Plus de suspens donc : cet album est excellent.
On était habitué à l'accrocheur, on passe ici au grisant. La majorité des morceaux forment une course poursuite haletante, peu éloigné de la musique de film sur l'instrumental de "Mirror Mirror", proche d'une danse qui aurait mal tourné sur "This War Is Silent", frôlant la catastrophe sur "Kill The Surfers".
Et pourtant on commence dans la pop la plus pur avec un "Cold Love" dansant et accrocheur, mais il y a la patte Ghinzu qui s'y greffe, et ça change tout. Dans l'utilisation des contre-chants ("Take It Easy"), dans une instrumentation ambitieuse et dans une interprétation idéale, le quintet belge à atteint son apogée.
Et c'est heureux, car il serait facile autrement de faire des rapprochements qui sous-entendraient 'plagiat' : il y a eu dEUS bien sûr, et il suffit d'allumer sa radio pour entendre d'autre exemple de cette pop-électro-rock certes sympathique, mais trop souvent répétitive.
Blow souffrait d'ailleurs d'une mauvaise résistance aux écoutes prolongées, cet opus à l'inverse peut très bien s'écouter plusieurs fois par jour. Et le défaut du premier album, des 'trous' un peu ennuyeux ne semble plus qu'un mauvais souvenir.
Dans cette course poursuite on trouve parfois le temps de se reposer, sur un "Mother Allegra" (où ils ont honteusement piqué le clavier des Pink Floyd), et sur ce "Je T'attendrais" délirant : chanté en français avec un accent d'Europe du Sud-Est chaleureux, accompagné par un accompagnement volontairement obsolète, cet essai au second degré est jouissivement déconcertant.
Les paroles dans la langue de Radiohead sont quant à elle souvent sexy, ça parle beaucoup d'amour, de demoiselles... Sans être le point fort de l'album, elles se retiennent bien et colle bien à l'ambiance presque charnelle.
Ghinzu évite les écueils qui se tendaient devant lui, et réalise un album ambitieux, complet et très plaisant. On pourra regretter que ce Mirror Mirror reste peut être trop dans la veine de ces prédécesseurs, mais après tout il n'est pas rare que les albums marche par trilogie, on peut donc en toute tranquillité recommencer à trouver le temps long jusqu'au prochain album.