Wasting Light
- Label : RCA
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 12/04/2011
Alors que les choses soient claires, je suis un vrai "fan" des Foo Fighters. J'ai acheté le s/t en 1995 et tous depuis. On aime tous Dave Grohl, et on a tous - du moins une certaine frange des trentenaires - un certain attachement à cette formation. Mais force est de constater malgré tout ça, qu'à défaut de révolutionner le rock, le combo n'a pas sorti de vrai bon gros disque, depuis ces deux premiers efforts. On ne remet plus en cause le talent de mélodiste de Grohl qui en plus d'être lui-même "fan" de plein de groupes sait rendre hommage au rock n' roll en tant que genre ultime d'expression. Le fait est que à part leurs deux premiers disques, chaque album des Foos contient 50% de bombes/tubes/hymnes, 50% de chansons bonnes mais dispensables (80/20, si je laisse parler le fan).
Dans le film Back & Forth, on entend dire qu'après avoir bourré deux soirs consécutifs le stade de Wembley, qu'est-ce que peux faire un groupe de rock ? C'est donc la meilleure réponse qu'on a ici. Reprendre un très vieux pote producteur pour enregistrer un album en analogique à l'ancienne, composé et enregistré à la maison, avec les potes. Quitte à inviter un ancien collègue à la basse sur un morceau, une idole sur un autre pour une petite ligne de chant entre deux bières. Quitte à reprendre le premier guitariste historique du groupe dans l'aventure. Quitte à faire la promo dans des petits clubs à coté de la maison où on autorise les caméras, parce qu'on s'en fout des labels, qu'on veut juste envoyer du gros son et que ça se sache.
Et bien avec Wasting Light, les Foo Fighters ont accouché dans la joie de leur meilleur album.
Toujours rien de nouveau sous le soleil, que ce soit en terme de mélodies, de rythmique, de démonstration musicale. C'est du Foo Fighters. Mais avec une pêche et une fraîcheur inattendue et qu'on attendait plus surtout. Avec cette impression que c'est le "vrai" premier album de la troupe en tant que groupe au line-up qui ne bougera plus. C'est un disque frais, cohérent, monolithique qui a défaut d'avoir un ou deux titres un peu en dessous du reste ("A Matter Of Time", "Miss The Misery", et encore...), rattrape tout ce qu'on pourrait lui reprocher avec cette sincérité digne d'une bande d'ados plein de rêves de gloire, de sexe, de drogue, de Lemmy, de cuir, de sueur et de rock n'roll. Depuis la création du groupe, c'est l'album qu'on attendait d'avoir entre les mains, c'est l'album qui fait qu'on comprend pourquoi on a vraiment toujours aimé et suivi ce groupe malgré tout et n'importe quoi.
Les Foos n'auraient pas pu trouver de plus belle manière de se réinventer que cette façon tellement naïve, enthousiaste et touchante de retourner à la base et à ses fondamentaux. Parce que Wasting Light c'est ça, la fougue et l'envie d'en découdre d'une jeunesse retrouvée et d'un amour profond du gros rock qui tâche et des mélodies imparables.