The Color & The Shape
- Label : Roswell
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 20/05/1997
Il y a des disques qui à force d'avoir été passés durant une courte période, nous la remémorent à chaque écoute. The Color & The Shape me rappellera toujours l'été 1997, lorsque Jan Ullrich gagna le Tour de France. C'est en effet à cette période, deux ans après leur premier album éponyme, que les Foo Fighters livrent leur deuxième effort, écouté religieusement à l'époque par un mec de 17 ans qui, déjà fasciné par un certain ex-membre de Nirvana, fut aux anges en apprenant que, suite à la défection de leur batteur, Dave Grohl était de retour derrière les fûts le temps de l'enregistrement. Petit passage en revue de la chose, huit ans plus tard ...
L'album débute plutôt calmement par "Doll", morceau doucereux qui stoppe au bout d' 1mn22 pour laisser place au survitaminé "Monkey Wrench", tout en guitares déchaînées. La chanson met une patate assurée, si ce n'est pas le cas écrire à la Sécu qui remboursera à 100% !
Les deux suivantes sont plus classiques (normal après un tel ouragan ...), toutes deux montrent que l'ami Dave a bien digéré la leçon des lutins de Boston. Néanmoins, ses limites vocales transparaissent dans "My Poor Brain", mais bon on ne saurait être à la fois le meilleur batteur du monde et un chanteur d'exception.
"Wind Up" et "Up in Arms" ne brillent pas par leur originalité, voilà deux titres rock honnêtes, sans plus. Le niveau augmente un peu avec "My Hero", où la batterie impose la dynamique, les guitares étant à son service. Suivent un "See You" d'une niaiserie affligeante et un "Enough Space" plus musclé où Dave malmène sa voix comme si le studio était trop petit.
"February Stars" sonne un peu morceau épique de fin d'album, genre 'frappons un grand coup pour le final' mais non, qu'est-ce qui commence là tout doucement ? ... "Everlong", connue surtout par son clip signé Michel Gondry mais qui, sans les images, reste une chouette chanson au riff facile à fredonner. Le niveau monte ! Suit la ballade de l'album avec "Walking After You" où le chanteur se montre romantique en diable. Et ça marche à tous les coups, croyez-en mon expérience de plus mauvais séducteur de l'été 1997 (et accessoirement de tous les autres) ! ... L'album se termine par le -vrai- moment épique comportant riffs (mais en retrait par rapport à la batterie), breaks et reprises en crescendo. Voilà ce dont les Foos ont été capable à l'époque.
Evitant intelligemment la redite Nirvana et l'écueil post-grunge, la bande à Dave Grohl donnait alors dans le pop rock sans surprise mais sympathique et passe-partout. Peut-être trop ... En fait, peu de surprises dans ce disque à la production bien lisse, où Gil Norton (producteur des Pixies) a parfois enterré des guitares qui auraient pu être bien plus cinglantes, et où la moitié des compos sont un peu légères. Bref, l'album donne dans un mainstream que son successeur portera à son apogée (et que Dave remettra en cause par l'intermédiaire de Probot).
Les Foo Fighters, ou le groupe idéal pour jeune blanc-bec n'ayant pas encore l'âge légal du rock crade, un genre d'outsider, de groupe de transition, de 'Canada Dry rock' approuvé par des parents oublieux des frasques de leur ancien groupe préféré Led Zep ? ... Pas si sûr : Jan Ullrich est toujours là en juillet, il a enterré Marco Pantani, et a survécu à Lance Armstrong. Il sera favori du prochain Tour.