When The Pawn...
- Label : Clean Slate
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 09/11/1999
Tidal était un regard dans le vide, When The Pawn en est un vers l'horizon. C'est d'une humeur toujours torturée mais définitivement optimiste que ce deuxième disque dévoile un songwriting baroque mûre, cerné d'arrangements minutieux toujours plus justes.
Tout au long de cette nouvelle histoire, les mots ne cessent de nous convaincre qu'elle domine sa vie/son ?uvre sur tous les fronts, quitte à se jouer de nous... Si l'ouverture "On The Bound" a des apparences de lente marche boiteuse, 'une page se tourne' dans la vie de la jeune femme qui a grandi au même titre que sa musique. "To Your Love" et son piano soutenu le confirme : On a encore une fois l'agréable sensation de rentrer dans un monde créé de toute pièce où la demoiselle est ici sûre d'elle, et constate que 'la douleur est évidente dans son existence' sans s'y apitoyer pour autant. Le refrain de "Limp" scande la fermeté des propos d'une femme désormais sur la défensive à coup de double grosse caisse, tandis que le passage instrumental à deux batteries mime un duel amoureux que la chanteuse ne peut que remporter.
De ce titre commence un jeu malicieux de la musicienne, nous révélant en musique un repertoire varié et complèxe, nous révélant une personnalité variée et complèxe. C'est ainsi que la fausse ballade épurée qu'est "Love Ridden" fait preuve de compassion mais que le groove lancinant de "A Mistake" la montre sans peur ni reproche. L'humour de "Paper Bag", joyeux constat de la cause perdue que forme ses illusions, ne dévoile pas la partie immergée de l'iceberg de "Fast As You Can" : elle sait également se faire diablesse, du moment qu'elle en tire du plaisir...
C'est justement pourquoi "The Way Things Are" est une des milles façons de dire qu'elle sera toujours mieux seule que mal accompagnée, que "Get Gone" s'empresse de donner un coup de balais définitif aux vices de forme relationnels pour que "I Know" ferme la danse dans une plénitude et une sagesse apaisante. Une fois cette dernière page rabattue, l'avalanche de plaisir nous a définitivement domptée par la composition personnelle, la production parfaite, la voix si chaude, les mots si sincère...
Un autre voyage hors du temps jouissif où la petite Apple est à l'andromaque, donne le rythme et choisis le mouvement, creuse les reins et se fait maîtresse de nos sens... et on en profite grandement.