The Director's Cut
- Label : Ipecac
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 10/07/2001
Nino Rota, Henry Mancini, ou encore Ennio Morricone ont composé certaines des musiques les plus passionnantes du cinéma. Ni une ni deux, Fantômas s'empare de ces célèbres thèmes de films, les tourneboule pour mieux nous inquiéter, les restructure en quelque chose d'encore plus enragé et torturé.
Les guitares acoustiques s'effacent derrière d'autres bien plus massives, les riffs atteignent des sommets de violence. Reprendre de tels thèmes est exercice périlleux, mais Fantômas semble se rire du danger. Je conseille vivement au potentiel auditeur de cette galette de faire l'acquisition des thèmes originaux pour voir quel travail colossal a été accompli. Le métal taquine une musique plus 'classique' avec bon goût.
Le disque débute avec "The Godfather" que tout le monde connaît. En plus de reprendre ces notes célèbres, Fantômas se permet des incartades, complètement débridées. Patton éructe, Lombardo cogne en binaire surpuissant, les riffs trash de Buzz Osborne s'apposent à l'ensemble, et Trevor Dunn cale sa basse au millimètre. Le groupe ajoute un complément aux morceaux qu'il s'approprie complètement avec brio.
"Der Golem" de Karl Ernst Sasse est d'une violence colossale. Les accords sont lourds comme de la fonte. Le changement de tonalité dans le riff provoque un des plus beaux frissons du disque. "Rosemary's Baby" de Christopher Komeda, possède une ambiance quasi irréelle nous projetant complètement ailleurs dans un paysage noir, glauque, transpirant la peur. "Spider Baby" de Ronald Stein adopte un format plus pop, les riffs sont colossaux, la batterie semble possédée.
"Henry : Portrait Of A Serial Killer" semble nous pousser dans nos derniers renfoncements. Le thème de Twin Peaks de Angelo Badalamenti fini de nous achever. Schizophrène. Entre douceur tendre et violence décadente.
Fantômas joue avec nos nerfs et touche sans discontinuer à ses deux tableaux. Une douceur qui détend, une violence qui terrorise. Nos sentiments à l'écoute de ce disque font des vagues, et notre malaise est bien réel. La musique devient expérience quasi physique.
Les thèmes choisis sont déjà grands. Fantômas les sublime dans son registre et y rajoute des éléments personnels. Le disque, malgré ses 40 minutes, paraît incroyablement court tellement il est riche. Les idées fourmillent, s'enchaînent, formant une danse que l'on ne semble pouvoir maîtriser. Tout a été dit. Rideau.