Suspended Animation
- Label : Ipecac
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 05/04/2005
Revoilà la clique de Mike Patton !
Après le glacial et ambiant Delirium Cordia, Fantômas revient avec un album méchamment teigneux.
C'est avril qui est à l'honneur. On fête l'anniversaire d' Ipecac, ainsi que le mois de la blague. 30 titres, un pour chaque jour, et encore une bonne tranche de rigolade avec les 4 fous furieux.
Une fois de plus, le packaging est irréprochable. On a le droit en plus de la galette à un calendrier à spirale signé Yoshitomo Nara. Alors on regarde les pages, on jette un ?il curieux sur les dessins, tandis que tourne le disque.
Celui-ci rappelle le Fantômas première période, gorgé de titres courts et musclés. On passe du coq à l'âne sans que cela ne choque. C'est une sorte de patchwork musical, où de la musique de cartoons, des sonorités de jouets pour enfants et des riffs monstrueux s'entrechoquent violemment.
Patton ne chante quasiment jamais. Ce sont plutôt des borborygmes incompréhensibles, des onomatopées qui ajoutent à cette dimension inquiétante voire malsaine, la douceur enfantine étant mélangée à un métal des plus brutaux.
C'est donc toujours aussi barré, et çà fait plaisir ! King Buzzo balance ses riffs gras et nerveux, Trevor Dunn grossit l'ensemble par un son de basse ultra puissant, et Dave Lombardo massacre sa batterie comme à l'accoutumée. C'est une sorte de rock schyzo à forte tendance épileptique, qui nous tombe sur le scalp. Les sursauts arrivent sans crier gare, et l'on va de surprise en surprise, tourneboulé par le groupe, voire carrément manipulé.
Le son est splendide, et je ne saurais trop vous conseiller d'écouter ce Suspended Animation à plein volume. Fantômas fait ce qui lui plait, et ça lui réussit.
Le disque finit sur un morceau au riff trash, dont Buzzo a le secret. Cela dépote sévèrement, et ça nous laisse le cul parterre.
Le groupe profite de nous avoir assommé, pour ensuite nous glisser tranquillement dans une ambiance de mort profonde.
Comme le dit si bien Bugs Bunny : "What did you expect in an opera ? A happy ending ?".