Fantômas - Melt Banana / Split
- Label : Unhip
- Format : Single / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/11/2005
En 2005, Fantômas s'apprête à sortir son génialissime Suspended Animations et doit enchaîner une tournée avec Melt Banana. Il n'en fallait pas plus à ces deux formations pour décider d'immortaliser sur CD et vinyle leur surplus créatif et, par la même occasion, promouvoir leur virée commune à venir. Le résultat est un Split-Single paru en édition limitée sur le label italien Unhip Record et illustré par Igort (Igor Tuveri), scénariste, dessinateur et coloriste, qui propose ici un artwork somptueux. Ceci ne surprendra d'ailleurs pas les amateurs de Patton, qui a pour très bonne habitude de soigner le packaging de ses ?uvres.
Le morceau proposé par Fantômas ("Animali In Calore Surriscaldati Con Ipertermia Genitale") est beaucoup plus long à écrire qu'à écouter (44 secondes.) Pour ceux qui connaissent les trois albums précédents, l'on sent immédiatement une nette évolution dans le son et les idées, Fantômas reprenant la formule de "Amenaza El Mundo" (morceaux courts aux structures variables, absence de textes) mais insistant d'avantage sur les bruitages en tout genre, les cassures rythmiques et les sons incongrus. 44 secondes, c'est très court, mais certains groupes pourraient sortir un double album avec seulement la moitié des idées contenues dans ce titre. De l'excellent Fantômas où l'on comprend bien que Mike Patton orchestre tout et que sous ses allures de Tour de Babel, sa musique ne manque de rien, surtout pas d'imagination et d'homogénéité.
Quant à Melt Banana, leur "Cat in Red" est une chanson complètement hystérique et bruitiste, naïve et dévergondée, soit deux minutes de n'importe quoi férocement jouissif. Si j'osais, je comparerais ce titre à une adolescente en tenue moulante : Elle a à la fois la candeur virginale de ses 16 ans et une moue salope que la plus dévergondée des femmes ne retrouvera jamais plus. Une chanson fraîche, instinctive, délicieusement vicelarde et dont les grincements sournois accroissent considérablement le plaisir de l'écoute, comme un gémissement où douleur et plaisir seraient étroitement liés.
Si l'on peut reprocher à ce Split son excessive brièveté (c'est à peine si j'ai le temps de me rouler une clope), cela est largement compensé par la beauté de ce collector, le surréalisme des deux titres qui le composent et le plaisir de tenir entre ses mains un véritable objet d'art contemporain. Je ne vois qu'une chose à dire : Merci.