From A Basement On The Hill
- Label : Domino
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 18/10/2004
Voilà un an qu'Elliott Smith est mort, et voilà un an qu'aurait du sortir ce From A Basement On The Hill. A l'époque, Dreamworks avait refusé de le publier, le jugeant trop sombre. Aujourd' hui, ce disque est pour tout le monde le disque posthume du magnifique Elliott Smith, mort dans des circonstances terribles, incompris, inconsidéré, héros romantique, artiste maudit, etc, etc.
Tout ceci est vrai bien sûr. Tout ceux qui connaissaient Elliott Smith vous le diront. Pourtant on est en droit d'avoir peur d'une récupération mercantile de cet artiste qui nous a tant touché et qui avait, ce From A Basement On The Hill à l'appui, encore tant de choses à dire. On est en droit d'avoir peur que cet album soit traité avec toute la condescendance dû aux morts, et qu'ainsi il perde de sa réelle valeur.
Il faut le prendre pour ce qu'il est, à savoir le sixième album d'un artiste époustouflant et unique.
Et autant le dire tout de suite, sans condescendance aucune, ce disque est pour nous le meilleur ! Il transcende magnifiquement toutes les facettes de l'?uvre d'Elliott. Du folk intimiste de Either/Or à la pop flamboyante de Figure 8, tout est un cran au dessus, tout est sublime, tout est proche de la perfection.
Chaque morceau se suffit à lui-même tant par l'écriture, que par l'interprétation et les arrangements. Un morceau comme "Stung Out Again" démontre une fois de plus l'affiliation naturelle d'Elliott avec les Beatles. Le fantôme de John devait être présent dans le studio, personne d'autre qu'Elliott ne s'est approché d'aussi près de ses pères.
C'était sans le moindre doute un des meilleurs songwriters de sa génération, pour ne pas dire le meilleur. Il suffit d'écouter "King's Crossing" pour se rendre compte du talent d'Elliott, et des merveilles comme "Twilight", "Last Hour" ou encore "Little One" sont tout simplement bouleversantes.
Sur "Shooting Star" il nous montre qu'il n'est pas non plus manchot avec une guitare électrique et malgré un côté plus rock, la mélodie est une fois de plus le point fort du morceau.
Depuis sa sortie, ce disque nous obsède. Pour une raison inconnue, il y a comme une urgence à l'écouter sans arrêt. Il est tellement beau qu'il serait dommage qu'il soit sali par des considérations nécrologiques. Tant d'artistes ont été tant de fois déterrés après leur mort, qu' il nous apparaît inadmissible qu'il en soit de même pour quelqu'un comme Elliott Smith. Alors écoutons From A Basement On The Hill avant qu'il ne soit trop tard.
A l'origine, Elliott Smith voulait que cet album soit double. Il y a donc encore quelques chansons disponibles quelque part ...
C'est Dreamworks qui doit être content, on aura bientôt droit à notre Best Of auréolé de quelques inédits.
La machine est en route, il sera bientôt trop tard.