Ultra
- Label : Mute
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 11/04/1997
Ultra sonne le retour de Depeche Mode après 5 ans de silence studio, une mort clinique de 3 minutes et quelques cures de désintoxication (Dave Gahan est d'ailleurs en plein dedans au moment de l'enregistrement). Mais Ultra signe aussi le retour de la formation de base du groupe, Alan Wilder ayant décidé de prendre congé suite à la tournée mammouth Devotionnal, à la rentabilité inversement proportionnelle à la santé mentale des quatre compères...
Si Songs Of Faith And Devotion marquait par son coté sombre et rock, Ultra, lui, impressionne par sa diversité. "Barrel Of A Gun" ouvre le bal et agresse carrément l'auditeur (une habitude chez DM, qui débute souvent ses LP par des compositions ambiguës) pour ensuite laisser la place à "Love Thieves" d'une classe et d'une beauté à tomber.
"Home" fait la part belle aux cordes soyeuses, tandis que "Useless" nous ramène du côté du rock pur et dur (la batterie claque, la ligne de basse est superbe), voire bruitiste.
"It's No Good" est le seul morceau qui peut nous laisser penser que l'on écoute du Depeche Mode : c'est le titre le plus 'machinique' d'Ultra (avec le petit interlude instumental "Uselink") et un magnifique single.
La suite est tout aussi magique ("Sister Of Night", une des plus belles ballades électro jamais écrites par le groupe) et surprend par ses accents folks ("The Bottom Line", "Freestate"). Qui aurait pu affirmer un jour que Depeche Mode se servirait d'une pedal steel ? Même le jazz est de la fête, sur l'instrumental "Jazz Thieves".
Ce chef d'oeuvre se clot sur l'une des plus belles compositions du groupe, "Insight", sur laquelle l'association des voix de Martin Gore et de Dave Gahan donne le frisson ; surtout quand l'on sait par quoi sont passés nos deux compères...
Une fois de plus, Depeche Mode nous prouve que c'est l'un des groupes les plus novateurs et inspirés, toutes périodes et styles confondus : un groupe vraiment moderne. D'ailleurs, le morceau caché, qui nous propulse dans l'espace et nous laisse entendre des voix martiennes, nous conforte dans notre idée que ces gens là, monsieur, sont vraiment d'une autre planète !