Microcastle
- Label : Kranky
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 28/10/2008
De l'ambient punk, c'est par cette antinomie qu'ils définissaient leur musique. Et c'était plutôt bien choisi. Mais aujourd'hui... si l'on décortique. Ambient ? Quasiment plus, en passage seulement. Punk ? Un lointain souvenir, peut-être même imaginaire.
Et pourtant, on reconnaît tout de suite le 'son Deerhunter', ce bourdon mélancolique aux ectoplasmes shoegazien, embaumé par ces voix troublantes gorgées d'un miel fantomatique. Du Deerhunter mais pas tout craché. Du Deerhunter pop en diable. Bradford Cox et sa clique ont décidé de quitter les territoires brumeux où l'on y voyait goutte, pour tracer leur route à la lumière d'hérissantes mélodies vers ce château mini qui, ô miracle, est au moins aussi fameux que son précédent.
Ce Cryptograms, disque qui a compté en 2007, auquel ce nouvel essai reprend d'ailleurs un art cinglant de la scission. Là en son milieu, à peine prévenu par une chanson-titre au débuts fragiles, Microcastle nous jette dans un gouffre où le chuchotement devient tel cri caressant, qu'il peut en devenir flippant (traumatique que le piano de "Green Jacket"). Voilà le passage ambient. Un micro-rêve profond stoppé abrupte par la très Strokes "Nothing Ever Happened" (on savait Bradford Cox fan du groupe nouillorquais, confirmation par le son), et c'est de nouveau le Deerhunter des géniales pop-songs en chevauchée psyché ("Save By Old Times", avec la participation du Black Lips Cole Alexander) ou en ballades languissantes ("Twilight At Carbon Lake", terriblement languissante), tel qu'on l'apercevait déjà sur l'EP Fluorescent Grey.
Ce n'est donc pas de l'inattendu complet. Mais c'est en tout cas une réponse idéale à nos amples attentes suscitées par Cryptograms. Et comme si ça ne suffisait pas, Deerhunter a garni le buffet Microcastle d'un bonus : Weird Era Cont., deuxième CD qui aurait dû être surprise (un Bradford Cox pas très doué et un piratage de compte mediafire en auront décidé autrement). Un fouillis à expérimentation assez difficile à suivre mais, ne serait-ce que pour ses 10 dernières minutes renversantes ("Calvary Scars II / Aux Out"), tout de même, une grosse cerise sur le gâteau. Miam et merci.