Satan's Circus
- Label : Drone
- Format : Double Album / CD
- Date de sortie : 18/10/2004
Tout le monde se souvient du très bon album Scorpio Rising, sorti en 2002, qui avait propulsé Death In Vegas sur le devant de la scène, par le biais notamment de collaborations fructueuses (Liam Gallagher du groupe Oasis, Gene Clark ex-Byrds). On se souvient aussi avec délice de ces ambiances psychédéliques, reposant sur une base rock solide teintée d'électro, comme sur l'anachronique "Leather".
La donne a quelque peu changé avec ce "Cirque de Satan". Le rock se fait bien plus discret, la batterie et la guitare ne sont plus systématiques. La part belle est ainsi donnée à l'électro pure et dure, vers laquelle se concentre désormais le duo. Les influences kraftwerkiennes sont ici clairement revendiquées. Oui, le minimalisme est presque de rigueur ! En effet, on pourrait voir en ce disque un hommage aux pionniers de la musique électronique, tant la musique est parfois réduite à sa plus simple expression : une mélodie synthétique sur laquelle vient se poser un beat tout autant passé de mode ("Zugaga", "Reigen", "Kontroll"). Le disque est moins dansant donc, moins riche de sons, moins direct que par le passé.
Tout ça risque de faire grincer des dents les fans les plus fervents (qui pourraient bien devenir des ex-fans du coup), et réjouira sans doute les adeptes de sonorités typées eighties.
Ceci dit, il y a une chose qu'on ne peut, hélas, pas nier : l'album est loin d'être palpitant. Au fil des écoutes, si on se fait au nouvel horizon sonore défini par le groupe, on ne sort pas emballé du moindre titre.
Pourtant les idées sont là. La couleur dub-rock de "Heil Xanax", prometteuse, n'apporte au final qu'un morceau sans prétention. Tout comme ce "Head", se rapprochant plus du psychédélisme de Scorpio Rising, mais c'est un peu tard pour un dixième titre !
En fait, le disque tourne, n'est heureusement pas désagréable à l'écoute, mais plus il avance et plus la même phrase revient à l'esprit : "Il est quand même un peu chiant ce Satan's Circus, non ?", ... et on a vite fait de remettre un des albums précédents.
Ou alors de se passer le deuxième disque de ce double-album, qui est un live du groupe à Brixton. Et là ça va beaucoup mieux. Les chansons phares sont passées en revue ("Leather", "Girls", "Hands Around My Throat", etc...), on se laisse emporter sans broncher dans un tourbillon psychédélique, et on oublie vite le premier disque !
C'est dommage pour un groupe de ce calibre...