The Man Who Sold The World
- Label : RCA
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 02/02/1970
Après avoir un temps pensé abandonner sa carrière suite aux mauvaises ventes de son précédent album éponyme (qui ne se vendra qu'après l'alunissage d'Armstrong et Aldrin et ne sera intitulé Space Oddity qu'en 72), David Bowie se dit qu'il y en a marre de se la jouer Kinks du pauvre. Un p'tit succès mettrait du beurre dans les épinards et financerait toutes ces jolies robes dont il rêve la nuit. Et qu'est-ce qui plait ces derniers mois ? Cream, Led Zep, les Who, les Yardbirds, Black Sabbath.
Il est grand temps de durcir le ton.
Le pas encore Ziggy refait appel au producteur Tony Visconti (quelle bonne idée !) et engage deux Mick, le bassiste Woodmansey et le guitariste Ronson. Soit les deux tiers des futurs Spiders From Mars.
Au programme: du sauvage !
Aidé par cette Dream Team, Bowie nous concocte son album le plus heavy, gorgé de riffs bien lourds. "The Width Of A Circle", "Black Country Rock" et "She Shook Me Cold" (rien qu'à ce dernier titre, on devine l'influence...) tentent de reproduire plus ou moins efficacement les différentes facettes du Dirigeable de Plomb, celui des "Communication Breakdown", "Black Mountain Side" et autres "Rock And Roll"... Manque de bol, en ce début des 70's le Zeppelin était hors de portée des missiles. "After All" montre la passion que nourrit notre travesti préféré pour l'Iguane de Detroit en pompant "We Will Fall". L'excellent "All The Madmen" et "Saviour Machine" montrent tout le talent de l'araignée blonde pour tisser des riffs gluants (ah ah, elle était facile celle-là), de même que "The Supermen", où -comme d'habitude- les paroles de Bowie battent des records de niaiserie. Rien à dire sur "The Man Who Sold The World ", si ce n'est qu'elle est géniale et largement supérieure ici à la pourtant splendide reprise de Nirvana. Mais le titre peut-être le plus intéressant est "Running Gun Blues" car il annonce la prochaine étape de la carrière de Bowie, la période glam des trois merveilles absolues Hunky Dory, Ziggy Stardust, et Aladdin Sane.
Bref, un bon disque atypique dans la carrière de Bowie, pas encore un chef-d'oeuvre mais certainement son premier album important.