Low
- Label : RCA
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 01/01/1977
Dès la pochette de cet album, tirée du très moyen "L'homme qui venait d'ailleurs" (David Bowie y joue le rôle d'un extra-terrestre), on sent que cet album va nous emmener très loin.
Après les affreux Diamond Dogs et Young Americans, et l'excellent Station To Station (qui n'a pas du tout plu aux producteurs de Bowie parce qu'absolument pas grand public), le sieur Bowie en remet une couche avec ce Low, premier volet de ce qu'on appellera (à tort) la trilogie berlinoise, en collaboration avec Brian Eno. Suivront le très bon Heroes et l'inégal Lodger.
En réalité, seul Heroes sera véritablement enregistré en Allemagne, mais rentrons dans le vif du sujet.
Levé de rideau :
Low s'ouvre sur l'excellent "Speed Of Life", titre purement instrumental mais très accessible, puis se décline en deux parties bien distinctes.
Acte 1 :
La première partie se compose de 5 comètes de rock expérimental très déstructurées, parfois assez froid ("What In The World", "Sound And Vision" et "Always Crash In The Same Car"), parfois plus chaleureux ("Breaking Glass" et "Be My Wife"). Mais curieusement, l'ensemble apparaît cependant comme assez "dansant".
Ces 5 morceaux sont tous de petits bijoux, où la guitare aiguë mais saturée tranche sur des nappes de synthés new wave et des lignes de basse ronflantes et dansantes. C'est la partie la plus abordable de l'album.
Entracte :
Profitez en pour vous passer un coup de flotte sur la gueule, histoire d'être parfaitement réveillé et réceptif pour la suite.
Acte 2 :
La seconde partie comporte donc également 5 morceaux, tous instrumentaux.
Si le premier d'entre eux, "A New Career In A New Town", reste assez accessible car de la même veine que le tout premier titre de l'album "Speed Of Life", les 4 derniers, eux, vous amènent à vous demander si vous êtes bien toujours en train d'écouter le même album. A partir de "Warszawa" et jusqu'à "Subterraneans (en passant par "Art Decade" et "Weeping Wall"), c'est le trip le plus complet. La guitare, la basse et la batterie, si présentes en première partie, se sont faites bouffées par les synthés et autres instruments électroniques, qui ont accouché de morceaux très lents et glacials. Mais ils sont beaux ces morceaux, et c'est ça qui compte au final.
Fermeture de rideau ?
Hum... C'est tellement bon, et de surcroît tellement court (un peu plus de 37 minutes), qu'on remettrait bien ça une seconde fois...
Considéré comme un des deux chefs-d'?uvre de Bowie (Outside constituant l'autre), Low ne rencontrera bien évidemment pas le succès commercial escompté.
Il sera reconnu et apprécié bien plus tard, comme ça l'a été pour le Berlin de Lou Reed.
Album expérimental et avant-gardiste (nous sommes en 1977, ne l'oublions pas), certains adoreront et d'autres n'adhéreront pas du tout, mais dans tous les cas cet album restera une pierre à l'édifice de la musique expérimentale.
A écouter absolument.