Diamond Dogs
- Label : Virgin
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/03/1974
Après la période glam, superbement ouverte par Hunky Dory et beaucoup moins bien close par Pin Ups, David Bowie décide -encore- de se remettre en question. Sa dernière idée : virer les Spiders From Mars. Ainsi, tel McCartney, Bowie peur enfin réaliser son rêve : être un groupe à lui tout seul. Ensuite, il lit 1984 d'Orwell, et là, révélation : c'est un concept génial ! D'où une autre idée : adapter le bouquin en album. Finalement il s'en inspirera (ou le plagiera, c'est selon) seulement, les descendants d'Orwell voyant cette initiative d'un mauvais ?il.
Alors, il s'y met, le p'tit père. Lui et son ingénieur du son, consommant de la coke comme une Golf I GTI 1.9 préparée bouffe 40 litres de super aux 100, se lancent dans cette entreprise qui sent le sapin du départ.
Résultat : Diamond Dogs.
Un disque particulier, assez déroutant dans un premier temps. Concept oblige, les titres s'enchaînent, cette homogénéité est renforcée par Bowie devenu homme-orchestre. M'enfin bon, ce concept ... qui se veut dépeindre une société futuriste terrifiante mais cette noirceur de pacotille ne s'élève pas au-dessus d'un scénario de Luc Besson ...même Ziggy faisait moins tarte ! Au passage, le caméléon s'invente un nouveau personnage en la personne d'Halloween Jack, prêcheur à plein temps à Hunger City. Ah ah.
Bon, et la musique ? Bowie chante plus que correctement et s'en sort très honorablement dans les parties instrumentales. Le problème, c'est les chansons. Elles ne manquent pas d'intérêt bien qu'un peu longues et un peu (euphémisme) grandiloquentes parfois ("We Are The Dead" en est un parfait exemple). Certaines sortent du lot, ainsi "Diamond Dogs" ou "Rebel Rebel" et son immortel riff stonien en diable. Mais il y en a, comme "1984" qui voit déjà Bowie lorgner vers les dance floors et la philly soul ou "Chant Of The Ever Circle Skeletal Family", qui puent du cul si je puis me permettre. Et qui laissent un goût amer.
Bref, dans un premier temps on est pas mal déçu. Et puis, en y revenant, on se prend d'affection pour ce disque boursouflé et complaisant mais attachant par ses fautes de goût. On se dit que le mieux compense bien le pire...et qu'il n'est pas si nul que ça, bien qu'étant qualitativement à des années-lumière de, au hasard, Low.
Un disque mineur dans la discographie de ce géant, à écouter quand on a épuisé le meilleur (mais est-ce possible ?).