Continued Story/Hi, How Are You (The Unfinished Album)
- Label : Eternal Yip Eye Music
- Format : Compilation / CD Vinyle
- Date de sortie : 2005
Je me rappelle bien la première fois que j'ai entendu parler de ce drôle de bonhomme aux allures de boulanger qui aurait trop mis son nez dans la farine. Je me souviens de l'enthousiasme du présentateur télé devant le génie de ce gars qui n'avait l'air de rien d'autre qu'un mec gonflé aux médocs.
Le voilà, débarquant sur le plateau habillé comme un SDF, les cheveux gras et la tête de quelqu'un qui se réveille après un sommeil profond de 48 heures. Grattant sa guitare désacordée avec l'assurance d'un mec qui aurait peur de sa 6 cordes. Chantant presque (totalement) faux, d'une voix fébrile et désesperée, comme si l'envie de pleurer le prenait tous les 2 mots.
Un gars bizarre... certes. Rongé par la dépression... certes. Mais aussi un des songwriter les plus intéressants et attachants ainsi que, sans savoir dessiner, un illustrateur hors pair.
Un artiste complet mais fragile, adulé par un tas d'autres personnalités de la musique indé: de Kurt Cobain à Jeffrey Lewis en passant par Tom Waits pour ne citer que les plus connus.
Continued Story / Hi, How Are You rassemble ses premiers enregistrements studios, ce qui n'empêche pas de retrouver le son Lo-Fi caractéristique de ses premiers albums. Autant vous dire que ceux qui ont peur des grésillements peuvent passer leur chemin. Sur cet album, la technique n'a aucune importance (malgré beaucoup de talent au piano!), peu importe la façon et les moyens, ce qui compte c'est jouer et laisser venir les chansons comme elles viennent.
Les morceaux sont parfois d'une simplicité déconcertante. Les mélodies intimistes, entrecoupées de sons bizarres et d'autres enregistrements pris sur la tas, sont livrées à l'état brut avec beaucoups de sensibilité.
Avec sa voix de Mickey sous prozac, Daniel Johnston est maître dans l'art de composer des comptines pleines de fantaisie, de science fiction et surtout d'émotions. Peut être trop pour lui. On raconte que le bonhomme aurait trouvé entre autre son inspiration dans l'amour qu'il portait pour une fille qui aurait préferé partager sa vie avec un croque-mort plutôt qu'avec lui, c'est vous dire...