No Heroes
- Label : Epitaph
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 24/10/2006
Mesdames, Mesdemoiselles Messieurs, bienvenue sur Epitaph ( quand t'as pas le choix !), ce soir vous allez assister à un combat mythique et sanglant, une tuerie annocée, une orgie sado-masochiste opposant deux monstres de la boxe musicale.
A ma droite, l'auditeur aguerrit, oreilles affûtées, habitué aux assauts musicaux les plus extrêmes depuis Petitionning The Empty Sky à You Fail Me en passant par d'autres attaques telles que When Forever Comes Crashing, une tête brulée à la con quoi !
A ma gauche, un monstre énorme, un épouvantail, détenteur de multiple victoires par K.O, maître incontestable du moment et attendu au tournant par la presse et les fans les plus fidèles, j'ai nommé Converge (qui s'emboîtent bien entendu !).
Autant dire que toutes les places ont été vendues pour cet événement excitant, tout le monde attend beaucoup de cette confrontation qui risque de donner un gros spectacle sanguinaire et barbare comme on les aimes chez nous les bourrins intellectuels.
Round 1 : Round d'observation par excellence, ce qui dans le cas de Converge consiste à envoyer la sauce directement sur la barbaque à peine cuite et assèner quelques coups bien sentis à son adversaire ("Heartache") qui visiblement semble bien esquiver et encaisser les premières décibels, la violence est déja quasi extrème, une entrée en matière fracassante de l'assaillant sur sa courageuse victime("Hellbound", "Sacrifice").
Round 2 : La résistance de l'auditeur, fort de ses certitudes (ça c'est le propre d'un auditeur hein ?), semble avoir été plus ébranlée que prévu par les quatre premiers coups subis dans le premier round c'est bien fait pour sa gueule !), il entame le deuxième round en titubant légèrement, Converge en profite et lui arrache la trogne avec un direct du droit ("Weight Of The World") avant de lui péter le dentier avec l'éponyme ("No Heroes"), on est rentré dans le vif sujet, on admire la résistance de l'auditeur qui s'accroche à la ceinture de son adversaire pour ne pas poser les genoux à terre... L'arbitre siffle la fin du round et déjà on passe la serpillière pour nettoyer les taches de sangs qui salissent le tapis (bande de dégueulasses) !
Round 3 : On ne rigole plus, mais alors plus du tout, la machine est lancée, Converge fait un étalage impressionnant de sa maîtrise et de sa technique, le public ne bouge plus, scotché à son siège, la bouche béée devant les nouvelles expérimentations convaincantes de son favori ("Plagues", "Orphaned"), l'arbitre propose un temps mort et recupère le protège dent de l'auditeur (s'il y a encore quelque chose à protéger !).
Round 4 : Petit répit pour l'auditeur, seulement un coup hypnotique de Converge l'empêche de sortir des cordes, travail au corps, esthétisme, tout y passe, on reste sans voix ("Grim Heart/Black Rose"), c'est beau !
Round 5 : L'atmosphère est pesante, l'ambiance lourde, on sent que le combat est déséquilibré, l'auditeur semble s'abandonner à son adversaire et lui offrir son scalp volontairement, impossible de s'ériger contre certaines attaques absolument monstrueuses ("Lonewolves"), les arcades sourcilières ouvertes et les couilles en berne, l'auditeur prie le seigneur pour garder ses oreilles intactes, et semble regarder son adversaire du jour en le suppliant.
Round 6 : Lambeaux de chair, contusions, écorchures, un bien beau combat aujourd'hui que converge semble déterminé à terminer en beauté, lui qui affectionne les victoires par K.O mais qui reste sur une victoire aux points ("You Fail Me !").
L'auditeur jette ses dernières forces dans le combat, Converge bloque magnifiquement les coups, ripostant avec un double crochet et un direct du droit d'une violence effroyable ("Bare My Teeth, To The Lions")... victoire terrassante par K.O, l'arbitre fait intervenir les services d'Urgences avant de déclarer le champion, salué par une foule ébahit, à sa merci !
Le lendemain du combat, les journaux saluaient à l'unanimité la victoire par K.O la plus impressionnante de la carrière de Converge (Popol magazine titrait même ceci: "Converge a toujours la quéquette bien raide !), tout en maîtrise et en violence comme d'habitude mais en louant les nouvelles qualités de ce champion confirmé qui a su intégrer encore plus de style, d'émotion et de finesse dans son registre.
Dans un petit encart, on pouvait lire un brève interview de l'auditeur qui avouait son impuissance avec ces mots: "Je suis monté sur le ring avec trop de certitudes, j'me suis fait éclater, je compte rester quelques temps à l'hôpital pour panser mes blessures, je reconnais que la victoire de mon adversaire est belle !)".
Rock'n'roll... toujours !