Viva La Vida Or Death And All His Friends
- Label : EMI
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 12/06/2008
Beaucoup de monde attendait Coldplay après un X&Y en demi-teinte qui n'avait au final convaincu que les aficionados du groupe aux 30 millions d'albums vendus.
Comme d'habitude, des informations fumeuses sur le contenu du disque ont échappés à Chris Martin, le bouclage opéré par EMI autour des écoutes de l'album à frôlé le ridicule avec un service de sécurité flirtant avec la mégalomanie d'une Madonna au mieux de sa forme.
Une pochette pompeuse, que je trouve pour ma part magnifique, mais qui peut confirmer ce statut de groupe prétentieux que la bande à Chris Martin se traîne malgré les constantes pitreries de ce dernier.
Le single "Violet Hill" est alors sorti, brouillant les pistes en confirmant ce que Coldplay fait le mieux, des grosses chansons pop/single, mais avec un je-ne-sais-quoi de différent.
Alors quid de ce Viva La Vida or Death And All His Friends?
Surprenant sans l'être...
Du très bon Coldplay, si vous n'aimiez pas le groupe, il y a peu de chances que vous changiez d'avis. On y retrouve les nappes de X&Y et l'énorme son de Brian Eno, les pop songs qui ont fait le succès du groupe, mais l'ambiance y est changée, les compositions sont bien plus complexes ("Yes" , "42" , "Death And All His Friends"...) et alternent avec des singles annoncés ("Violet Hill" , "Viva la Vida" , "Lost!" , "Lovers In Japan" ...).
Les paroles sont splendides beaucoup plus abouties que ce que l'on a pu connaître sur les précédents disques, et bizarrement, l'ambiance de l'album est semblable à sa pochette, du classicisme teinté d'un vent de révolution et de nouveauté. Un disque à deux facettes comme son titre double, le groupe ne sachant pas de Viva La Vida ou Death And All His Friends correspondait le mieux au contenu. On trouvera donc ce que l'on est venu chercher ici, les pistes jetées par le groupe étant aptes à satisfaire toutes les sensibilités ou presque.
Désappointant en premier lieu, l'album devient attachant au fil des écoutes et cache sa complexité derrière un voile opaque pop. Se détache une nostalgie et un pessimisme latents où parfois seulement des éclairs de foi dans le futur transparaissent mais difficilement, on s'approche d'ailleurs parfois sur certaines parties de Radiohead, surtout au niveau du traitement des guitares, des nappes sonores et d'une espèce de colère mélancolique ("42" (la partie 2) , "Strawberry Swing" , "Chinese Sleep Chant" ...).
Plus complexe, plus abouti, mélancolique, révolutionnaire, classique, toute l'essence du groupe est magnifiée dans ce Viva La Vida or Death And All His Friends.
Coldplay a réussi son pari sinon en convaincant la plus grosse part de ses détracteurs, au moins à se réinventer, évoluer et à dresser le bilan de leur carrière en ouvrant toutes les portes à un avenir qui, je suis désolé, s'annonce radieux.