Victorialand
- Label : 4AD
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 01/04/1986
Victorialand est le quatrième album des Cocteau Twins et a la lourde tâche de succéder au sublime Treasure. Si Liz Fraser et Robin Guthrie sont toujours aux commandes, Simon Raymonde, lui, est totalement absent de cet album; la faute (qui n'en est pas vraiment une) à Ivo Watts qui l'a recruté pour l'enregistrement du second album de This Mortal Coil.
Tirant son nom d'une région de l'Antartique, Victorialand débute par le superbe "Lazy Calm" (dont le nom est plutôt représentatif du morceau et de l'album), et s'annonce d'ores et déjà comme un album digne de la discographie de ses auteurs. Tout n'est donc ici qu'invitation à un voyage mené de main de maître par le couple uni à la scène comme à la ville (à l'époque) Fraser-Guthrie. Toujours aussi éthérée, la musique des Cocteau Twins se présente ici plus simple et dépouillée qu'à l'accoutumée. L'accent à été mis sur une production privilégiant l'acoustique associé à la voix toujours aussi mystérieuse et envoûtante d'Elizabeth Fraser. Ainsi, "Throughout The Dark Months Of April And May" apparaît comme un titre calme, duquel émergent les arpèges d'une guitare acoustique et sur lesquels vient se poser le chant délicat de Liz; schéma qui sera récurrent et ré-adapté sur d'autres titres ("Whales Tails", "How to Bring a Blush to the Snow" ou "The Thinner The Air"...). Pour quiconque ayant apprécié les précédents opus du groupe écossais, il apparaît bien difficile de ne pas succomber aux charmes de ce "Little Spacey" ou du merveilleux final "The Thinner The Air". Tous les titres sont du même hacabit et nous dévoilent deux personnes ayant totalement maîtrisé leur domaine musical; à savoir une musique atmosphérique et envoûtante (qui vaudra à la musique des Cocteau Twins d'être systématiquement affublée du très laid et tout aussi stupide terme de Dream Pop), qui atteint parfaitement son but.
Ainsi, si l'absence de Simon Raymonde pouvait présager une perte de cohérence ou de profondeur, il n'en est rien. Victorialand poursuit idéalement le chemin tracé par les Cocteau Twins. Marqué par cette irréalité et cette légèreté caractéritiques chez le groupe de 4AD, Victorialand s'impose comme un album riche et admirable, qui supporte aisément la comparaison avec Treasure.