My Friends All Died In A Plane Crash
- Label : Sober & Gentle
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 15/10/2007
Une fois de plus, l'approche de ce disque est avant tout passée par l'esthétisme certain de la pochette de My Friends All Died In A Plane Crash. Comme je le dis toujours, les gens qui apprécient les chats ne peuvent pas être foncièrement mauvais. Ainsi sans savoir que le couple Mark Daumail et Morgane Imbeaud avait produit la sensation l'année dernière et raflé tous les prix des festivals majeurs sans même avoir sorti leur premier album, je me trouve sur le point d'écouter ce dernier. Et puis arriva ce qu'il devait arriver. Une grosse claque. Cocoon réunit sur ce premier essai tous les caractères que j'apprécie le plus à savoir une musique à la fois naïve et éclairée, aux mélodies simples laissant ainsi respirer des textes alternant humour et gravité. Les deux auvergnats tissent sans prétention aucune un petit cocon duveteux et douillet sans sembler se prendre au sérieux. Les airs folk reposant essentiellement sur une guitare toujours bien rythmée en appellent à la légèreté sans pour autant être mièvre et s'adaptent parfaitement aux différentes humeurs en gardant toute leur candeur. Dans la lignée des Sufjan Stevens et Chris Garneau, les deux français ont compris que l'on pouvait être à la fois drôle et touché par des coups de spleen. Ceci relève plus de la réalité de la vie que de la philosophie mais on comprend mieux pourquoi ce chat bénéficie de tant d'amour alors que le titre de l'album ne prête pas à un tel enthousiasme. Guidé par des lignes de banjo enjoué on se laisse alors bercer sans remords par une poésie enfantine chantée délicatement à l'unisson. Poésie n'ayant pas peur des jeux de mots faciles dès "Take Off" où le mot bodyguard fait apparaître Kevin Costner ou de se moquer des traditions sur le goguenard "Christmas Song" affichant clairement sa joie de savoir que Santa Claus ne viendra pas (Good news : I won't see your faces / Round the cold turkey / So come back home and hug your neightbours / You have saved the tree). Et lorsque c'est la mélancolie qui est à l'honneur on apprécie avec autant de délice le désarroi de "Tell Me" et "Cliffhanger" surtout qu'ils sont épaulés par le violoniste de Bashung et Miossec qui décuple la gravité des paroles. Néanmoins, cette tristesse également présente sur "Seesaw" ne domine pas le répertoire de Cocoon. Elle nous laisse ainsi l'image d'un combo dynamique et taquin qui mérite nettement leur ascension fulgurante. Je vous l'avais bien dit, ils ne pouvaient pas être mauvais, loin de là.